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Construction

Construction en Île-de-France : une reprise fragile en 2025

Construction en Île-de-France : une reprise fragile en 2025

​La construction en Île-de-France amorce un timide redressement. C’est le constat que dresse la FFB Grand Paris Île-de-France dans son analyse de conjoncture. Les autorisations de logements rebondissent de +19,8 % en un an, les défaillances d’entreprises reculent, et MaPrimeRénov’ est relancée. Pourtant, les mises en chantier restent en chute de –24,5 % depuis 2022. La reprise existe, mais elle reste insuffisante. Entre signaux positifs et fragilités structurelles, le secteur attend une mobilisation collective — et regarde désormais vers les élections municipales des 15 et 22 mars 2026 comme un levier décisif.


À retenir – Construction en Île-de-France : une reprise fragile en 2025

  • Les mises en chantier ont chuté de –24,5 % entre 2022 et 2025.
  • Les autorisations rebondissent de +19,8 % en un an, sans effacer le retard.
  • L’entretien-rénovation recule de –2,1 % au T3 2025 faute de stabilité des aides.
  • Les défaillances baissent de –3,6 %, mais la fragilité structurelle demeure.
  • Les municipales de mars 2026 sont un levier décisif pour la relance.

Sommaire :


La construction en Île-de-France face au mur des chiffres : que s’est-il passé entre 2022 et 2025 ?

Des mises en chantier en chute libre depuis trois ans

La construction en Île-de-France traverse une période de crise prolongée. Entre 2022 et 2025, les logements mis en chantier sont passés de 59 500 à 44 900, soit une chute de –24,5 % en trois ans. Dans le même temps, les autorisations de construire ont reculé de 77 100 à 64 800 (–16 %). Ces données, issues de la présentation de conjoncture de la FFB Grand Paris Île-de-France du 11 mars 2026, traduisent une contraction durable du marché résidentiel francilien.

Évolution des logements en Île-de-France (2022–2025)
Évolution des logements en Île-de-France (2022–2025)

Ce recul n’est pas anodin. L’Île-de-France représente un territoire à forte pression démographique, où le déficit de logements est structurel. Or, la baisse cumulée des trois dernières années n’est pas compensée par le rebond observé en 2025. Néanmoins, ce rebond existe : les autorisations ont progressé de +19,8 % en un an entre 2024 et 2025. Il constitue un signal encourageant, même s’il ne suffit pas à effacer le retard accumulé.

Les locaux non résidentiels : stabilisation sans reprise

Le segment des locaux non résidentiels suit un cycle différent, mais tout aussi heurté. Après un effondrement en 2023, un rebond en 2024, le secteur stagne en 2025. Les mises en chantier atteignent 2,516 millions de m², en légère baisse. Les autorisations, en revanche, progressent légèrement à 4,054 millions de m². Ce décalage entre autorisations et chantiers effectifs illustre un problème récurrent dans la construction en Île-de-France : le délai entre la décision administrative et la réalisation sur le terrain.

Locaux non résidentiels en Île-de-France (2022–2025)

L’entretien-rénovation en Île-de-France : pourquoi ce pilier vacille-t-il ?

Un recul inattendu dans un contexte de forte demande

L’entretien-rénovation représente un segment essentiel de la construction en Île-de-France. Il devrait bénéficier d’une demande structurellement forte, portée par le vieillissement du parc immobilier et les obligations de rénovation énergétique. Pourtant, ce segment enregistre une baisse de –2,1 % en volume au troisième trimestre 2025 en Île-de-France. Ce recul, en apparence modeste, traduit une désorganisation réelle du marché.

MaPrimeRénov’ : une aide relancée, mais trop instable

La FFB Grand Paris Île-de-France pointe directement l’instabilité des dispositifs publics. MaPrimeRénov’ a été relancée en février 2026 après une période de suspension, ce qui constitue une reconnaissance de la forte demande. Toutefois, cette aide reste perçue comme incertaine. Elle freine les ménages dans leurs décisions et désorganise les plannings des entreprises du bâtiment. La fédération appelle donc à une pérennisation du dispositif, condition indispensable pour que la rénovation énergétique joue pleinement son rôle dans la transition énergétique francilienne.

Emploi et entreprises dans la construction en Île-de-France : résistance ou fragilisation ?

Des effectifs qui résistent, mais à quel prix ?

L’emploi dans la construction en Île-de-France montre une relative résistance. Le secteur compte 357 943 salariés en 2025, soit un léger recul de –0,4 % par rapport à 2024. Le nombre d’intérimaires stagne, et les créations d’entreprises ralentissent. En revanche, les défaillances reculent : 3 412 entreprises ont fait l’objet d’une procédure collective en 2025, soit –3,6 % par rapport à l’année précédente.

Emploi et défaillances dans la construction en Île-de-France (2022–2025)
Emploi et défaillances dans la construction en Île-de-France (2022–2025)

Ce chiffre peut sembler positif. En réalité, il masque une fragilisation structurelle. Les entreprises tiennent encore, mais elles puisent dans leurs réserves. La stagnation de l’intérim et la baisse des créations d’entreprises signalent un manque de dynamisme. Par conséquent, sans reprise franche de l’activité, la résistance de l’emploi ne pourra pas durer.

Un tissu de PME sous pression

En Île-de-France, le bâtiment représente 89 000 entreprises et 333 660 actifs, pour un chiffre d’affaires de 44 milliards d’euros (source : FFB Grand Paris Île-de-France). La grande majorité de ces entreprises sont des PME et des artisans. Or, ces structures sont les plus exposées aux retards de paiement, à la sous-traitance en cascade et aux difficultés d’accès aux marchés publics. La FFB appelle ainsi à limiter la sous-traitance en cascade et à faciliter l’accès des PME locales aux marchés publics.

Quelles mesures pour relancer durablement la construction en Île-de-France ?

Des dispositifs nationaux encourageants, mais insuffisants

La loi de finances pour 2026 a introduit deux mesures saluées par la profession. D’une part, la création du statut du bailleur privé, destinée à encourager l’investissement locatif. D’autre part, le dispositif Relance Logement, qui vise à soutenir la construction neuve. Ces outils vont dans le bon sens. Néanmoins, la FFB Grand Paris Île-de-France souligne qu’ils restent insuffisants pour enclencher une reprise durable. Les délais entre décision politique et réalisation sur le terrain demeurent trop importants.

Le rôle décisif des collectivités locales

La construction en Île-de-France ne se relancera pas sans une mobilisation forte des collectivités locales. À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la FFB Grand Paris Île-de-France formule cinq demandes concrètes aux futurs élus :

  1. Simplifier et accélérer les autorisations d’urbanisme pour débloquer les projets
  2. Valoriser le foncier public et les bâtiments délaissés pour répondre aux besoins locaux
  3. Faire de la rénovation globale, dont énergétique, une priorité locale
  4. Faciliter l’accès des PME locales aux marchés publics
  5. Lutter contre le travail illégal et garantir l’exemplarité des chantiers publics

Ces cinq axes traduisent une conviction : les municipales de 2026 constituent une opportunité historique pour transformer les premiers signes d’amélioration en dynamique durable.

Édouard Durier, vice-président de la FFB Grand Paris Île-de-France en charge des affaires économiques, résume ainsi la situation : « Les premiers signes d’amélioration sont réels, mais ils restent encore insuffisants pour enclencher une reprise solide. Le secteur a besoin de stabilité et d’une mobilisation collective pour relancer durablement la construction en Île-de-France. »

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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