Bâtiment connecté : Quels impacts pour la filière ?

Bâtiment connecté : Quels impacts pour la filière ?
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En France, le bâtiment représente plus de 20% des émissions de gaz à effet de serre. Comment atteindre l’objectif de réduction de la consommation finale du bâtiment de 50% en 2050 ? Regards croisés de 3 experts, spécialistes de la filière.

Les métiers du bâtiment évoluent considérablement du fait de l’accès à une masse importante de données susceptibles de devenir de l’information. Les matériaux eux- mêmes génèrent aujourd’hui de la « data ». Nous entrons d’ailleurs dans l’ère du « Big Data ». L’enjeu est aujourd’hui celui de la collecte.

« Passer à la télé-relève à tous les niveaux faciliterait les optimisations, les comparaisons et surtout, la gestion fine du bâtiment à chaque étape de son cycle de vie. Nous passerons d’ailleurs du Big Data par domaine au Big Data par usage », explique Marc de Nomazy, Directeur Maîtrise d’Ouvrage chez TELMMA Property Group.

L’agrégation des données est d’autant plus au centre des préoccupations que la numérisation des bâtiments ne concerne pas uniquement des bâtiments neufs. « On imagine facilement une construction neuve et ses capteurs connectés mais qu’en est-il du parc immobilier existant ? Par ailleurs, les nouveaux outils technologiques (capteurs, plateforme, etc.) devront s’inscrire dans la durée pour coller à la durée de vie du bâtiment », commente Thomas Albisser, Président et cofondateur, directeur technique HOP-CUBE.

L’objectif principal est la création de valeur. Il faut dépasser le côté « gadget » de l’objet connecté pour mobiliser les acteurs. « Le numérique dans le bâtiment, c’est d’abord et avant tout un outil d’aide à la décision. Évaluer le cycle de vie carbone d’une construction par exemple, c’est avoir une vision globale des impacts générés. On rend possible la réalisation d’économies tant monétaires qu’environnementales à chaque étape de la vie d’un bâtiment », souligne Adrien Sanchez, Responsable du pôle Ingénierie Environnementale et Energétique chez Bouygues Bâtiment IDF.

L’interopérabilité est la clef de la réussite de la transition numérique des bâtiments. C’est l’interconnexion des données captées en continu sur les biens, croisées avec celles issues des matériaux et celles fournies par leurs occupants qui rend l’information tangible et exploitable. De nouveaux critères de valorisation d’un bâtiment deviennent disponibles : sa valeur verte, sa valeur d’usage, sa consommation par rapport à un autre bâtiment, etc.

L’enjeu est de créer du lien et donc, du sens entre tous les indicateurs disponibles. Le niveau de formation des utilisateurs à ces nouveaux outils numériques et de compréhension de leur utilité est un des facteurs clés de succès de cette transformation numérique. Selon Thomas Albisser : « Les objets connectés par exemple rendent l’information concrète et exploitable en temps réel. Mais c’est surtout en analysant cette information collectée grâce aux plateformes et donc en la rendant intelligible et utile qu’on parviendra à sensibiliser les parties prenantes et à les mobiliser sur le long terme. »

Les solutions numériques de demain devront garantir la fiabilité de l’information délivrée. La certification des données collectées par des organismes tiers voire à terme, leur standardisation et leur normalisation seront cruciales. « On est en droit de se demander s’il est vraiment utile et nécessaire de fournir à tous les acteurs le même degré d’information. Se pose la question de l’Open Data ! Au delà de la confidentialité des données, c’est surtout la pertinence de l’information qui est en jeu et in fine, la mobilisation des acteurs. Ajuster l’information à l’intérêt de chacun serait plus judicieux », conclut Thomas Albisser.

Source : www.hop-cube.com