L’Observatoire de la recharge, porté par le programme Advenir d’Avere-France, publie la deuxième édition de son Baromètre trimestriel de la donnée de recharge, couvrant le deuxième trimestre 2026. Avec plus de 34,5 millions de sessions analysées, ce bilan dresse un portrait précis et inédit des usages de la recharge véhicule électrique en France. Les résultats éclairent notamment un phénomène central : en résidentiel collectif, la recharge s’automatise massivement la nuit, portée par des systèmes de pilotage intelligents. Pendant ce temps, la base de données croît à un rythme soutenu, renforçant la capacité de l’Observatoire à accompagner opérateurs, collectivités et syndics de copropriété dans leurs décisions.
Sommaire :
- La base de données de l’Observatoire de la recharge atteint un nouveau palier
- Comment se recharge-t-on en résidentiel collectif ?
- Quelle est la puissance moyenne d’une session de recharge ?
- Quels sont les enjeux pour le déploiement de la mobilité électrique ?
À retenir — Recharge véhicule électrique : les chiffres clés du 2e trimestre 2026
- 34,5 millions de sessions de recharge ont été analysées par l’Observatoire depuis 2016.
- 60 % des recharges en résidentiel collectif démarrent entre 21 h et 3 h, grâce au pilotage automatique.
- La puissance moyenne d’une session de recharge atteint 18,3 kW, avec de fortes variations selon les usages.
- 64,8 GWh d’énergie ont été délivrés au 2e trimestre 2026, soit une hausse de 12 % en un trimestre.
- Le programme Advenir vise 250 000 nouveaux points de recharge financés d’ici fin 2027.

La base de données de l’Observatoire de la recharge atteint un nouveau palier
Un volume de données sans précédent
Au 30 juin 2026, l’Observatoire de la recharge recense 100 392 points de recharge actifs sur le territoire français. Ces infrastructures, aussi désignées sous le sigle IRVE (infrastructures de recharge pour véhicules électriques), collectent des données depuis 2016. Sur le seul deuxième trimestre 2026, près de 2 800 nouvelles IRVE ont rejoint le périmètre d’observation. Le réseau s’élargit donc à un rythme soutenu.
Au total, la base de données dépasse désormais 34,5 millions de sessions de recharge. Ce trimestre y contribue à hauteur de 2,7 millions de sessions, soit une hausse de +9,7 % par rapport au trimestre précédent. Une progression qui témoigne de l’accélération continue de la recharge véhicule électrique en France.
Des indicateurs en forte progression
Ces résultats s’inscrivent dans un contexte favorable : la croissance du parc automobile électrique et les objectifs de transition énergétique tirent la demande vers le haut. Les chiffres du trimestre le confirment :

Pour Ludovic Coutant, directeur du Programme Advenir, ce cap symbolique marque une étape clé : « Ce trimestre, l’Observatoire a franchi le cap des 34 millions de sessions de recharge enregistrées. Cette édition introduit également une nouvelle analyse de la puissance moyenne des recharges et met en lumière les spécificités du résidentiel collectif. »
Comment se recharge-t-on en résidentiel collectif ?
Un usage massivement nocturne et piloté
Pour ce trimestre, l’Observatoire a analysé plus de 10 000 points de charge actifs en résidentiel collectif. Le constat est frappant : les comportements de recharge y sont remarquablement homogènes. Environ 60 % des sessions démarrent entre 21 h et 3 h, avec un pic à 1 h du matin.
Pourquoi cette concentration nocturne ? Elle s’explique par le déploiement massif des systèmes de pilotage de la recharge, aussi appelés charge intelligente ou smart charging. Ces dispositifs déclenchent automatiquement la recharge pendant les heures creuses tarifaires. Résultat : la facture énergétique du résident diminue, et le réseau électrique est moins sollicité aux heures de pointe. Un double bénéfice, individuel et collectif.
Une stabilité des usages tout au long de la semaine
Autre enseignement inattendu : la recharge en résidentiel collectif reste stable d’un jour à l’autre. Contrairement aux idées reçues, les comportements ne varient pas sensiblement entre la semaine et le week-end. Deux nuances méritent toutefois d’être signalées :
- une légère baisse des démarrages le samedi soir ;
- un léger renforcement des sessions autour de 14 h le week-end, lié aux retours de déplacements en journée.
Cette régularité a une implication concrète. Elle confirme que le pilotage automatique s’impose comme la norme dans les immeubles collectifs équipés. Pour les syndics de copropriété et les gestionnaires d’immeubles, c’est un levier précieux : optimiser la consommation d’énergie à l’échelle d’un parc entier, sans intervention manuelle.
Quelle est la puissance moyenne d’une session de recharge ?
Un nouvel indicateur au cœur du baromètre
Cette deuxième édition du Baromètre innove avec un indicateur inédit : la puissance moyenne des sessions de recharge. Toutes catégories confondues, elle s’établit à 18,3 kW. Mais ce chiffre global masque des réalités très contrastées. Selon le type de véhicule et le lieu de recharge, les écarts sont considérables.
Des écarts considérables selon les segments
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En résidentiel collectif, la puissance moyenne tombe à 4,7 kW. C’est peu — mais c’est suffisant. Une borne normale de 7 kW permet de recharger complètement une voiture électrique standard en une nuit, et donc de restaurer son autonomie sans contrainte. La lenteur n’est pas un défaut ici : elle est adaptée à un usage nocturne et programmé.
À l’opposé, les poids lourds affichent une puissance moyenne de 49,2 kW. Ces véhicules ont des besoins énergétiques élevés et des contraintes opérationnelles strictes. Une recharge rapide est donc indispensable à leur activité.
Ces écarts posent une question de fond : faut-il équiper tous les sites de la même façon ? La réponse est non. Adapter les infrastructures de recharge aux profils d’usage réels — résidentiel, professionnel, logistique — est une condition sine qua non d’un déploiement efficace.
Quels sont les enjeux pour le déploiement de la mobilité électrique ?
L’Observatoire, un outil stratégique pour les acteurs de la mobilité
Le Baromètre a une vocation claire : donner aux acteurs publics et privés des indicateurs fiables pour prendre de meilleures décisions. Les données sont collectées directement auprès des opérateurs d’infrastructures de recharge, ce qui garantit leur représentativité.
Concrètement, le Baromètre analyse quatre indicateurs clés : le nombre de sessions, l’énergie délivrée, la durée des recharges et la répartition des usages selon les catégories de véhicules. Ces données révèlent les segments les plus dynamiques, mais aussi ceux qui restent encore insuffisamment équipés. Elles mettent également en lumière un autre défi majeur : l’interopérabilité entre les opérateurs de mobilité et les réseaux de bornes, qui demeure largement à construire.
Un réseau qui s’étend sur tout le territoire
Depuis 2016, le programme Advenir accompagne des publics très variés : particuliers en immeuble collectif, syndics de copropriété, entreprises, collectivités et personnes publiques. Cette diversité est volontaire. Elle traduit une conviction : le déploiement de la recharge ne peut réussir qu’en impliquant tous les maillons de la chaîne.
Les moyens mobilisés sont à la hauteur de l’ambition. Advenir dispose d’un budget de 520 millions d’euros et vise 250 000 nouveaux points de recharge financés d’ici fin 2027. C’est, à ce jour, le principal levier de financement des IRVE en France. Par ailleurs, le volet Advenir Formations, lancé en 2021, accompagne la montée en compétences des professionnels et des usagers — une dimension souvent négligée, pourtant indispensable à l’adoption durable de la mobilité électrique.
Vers une infrastructure de recharge adaptée aux usages réels
Le Baromètre envoie un signal clair : la recharge véhicule électrique en France gagne en maturité. Le pilotage automatique se généralise. Les usages se stabilisent. Le volume d’énergie délivrée progresse trimestre après trimestre. Ces tendances dessinent un écosystème qui s’organise.
Pour les acteurs de la copropriété, le signal est clair : l’anticipation devient indispensable. Installer dès aujourd’hui des bornes de recharge dans les parkings collectifs, voire des équipements rapides pour les véhicules à grande autonomie, permet de préparer l’immeuble aux usages de demain. Le programme Advenir peut, en outre, soutenir financièrement une partie de ces projets.

