Guerre en Europe, inflation persistante, instabilité géopolitique mondiale : dans ce contexte de crises multiples, les projets immobiliers auraient pu s’effondrer. C’est tout le contraire que révèle l’enquête exclusive publiée en mars 2026 par Notariat Services, menée auprès de 1 288 personnes via le portail immobilier des notaires immonot.com. Face aux turbulences, le réflexe dominant des Français n’est pas de fuir la pierre. C’est de s’y raccrocher encore plus fort. L’immobilier valeur refuge résiste à la tempête — mais une information parcellaire sur les conditions réelles du marché freine encore trop d’acquéreurs potentiels.
Sommaire :
- L’immobilier valeur refuge : pourquoi les Français y croient encore ?
- Une inquiétude réelle, mais pas un renoncement
- Taux immobiliers en 2026 : une fenêtre d’opportunité méconnue
- La crise réinvente les critères d’achat immobilier
- Le notaire, expert de la décision en temps de crise
À retenir — Immobilier valeur refuge en temps de crise géopolitique
- 40 % des Français choisiraient l’immobilier pour placer 100 000 €, devant l’or et l’épargne liquide.
- 53 % des porteurs de projet maintiennent leur intention d’achat malgré la crise géopolitique.
- 66 % des répondants ignoraient que les taux immobiliers s’établissent à 3,30 % en mars 2026.
- 60 % accordent désormais davantage d’importance au DPE depuis la crise énergétique.
- 68 % se disent prêts à consulter un notaire avant de signer.
L’immobilier valeur refuge : pourquoi les Français y croient encore ?
La question posée est directe : où placeriez-vous 100 000 € dans ce contexte de crise ? Notariat Services la soumet à 1 288 personnes. La réponse tombe sans ambiguïté. 40 % des répondants choisissent l’immobilier en priorité. Loin derrière, l’or recueille 23 % des intentions, l’épargne liquide 18 %, et les actions seulement 9 %. Ainsi, la pierre confirme son statut d’immobilier valeur refuge dans l’imaginaire collectif français, même quand le monde vacille.
Une perception positive qui résiste aux chocs
Ce réflexe n’est pas irrationnel. 67 % des répondants conservent une perception positive de l’immobilier. Parmi eux, 25 % y voient une valeur refuge absolue. Les 42 % restants le considèrent comme un bon placement parmi d’autres. Ces chiffres sont d’autant plus frappants qu’ils émergent en pleine période de tensions géopolitiques. Les marchés financiers vacillent. L’inflation persiste. Pourtant, la pierre tient. Elle offre une réalité tangible, une utilité directe et une protection éprouvée contre l’érosion monétaire — là où les actifs financiers restent soumis à la volatilité des marchés.
L’immobilier face à l’or : la pierre gagne
L’or passe traditionnellement pour la valeur refuge par excellence. Or, l’enquête le déclasse. L’immobilier le devance nettement — 40 % contre 23 %. Ce résultat tranche avec les discours dominants sur les marchés financiers. Il révèle une confiance ancrée dans la culture patrimoniale française. La propriété immobilière reste un marqueur fort de sécurité économique. Elle incarne aussi une logique de transmission familiale que l’or, actif sans utilité d’usage, ne peut pas offrir.

Une inquiétude réelle, mais pas un renoncement
Le contexte pèse. 60 % des répondants se déclarent inquiets face à leurs projets financiers depuis les récents événements géopolitiques. Toutefois, l’inquiétude ne rime pas avec paralysie. Les données de l’enquête Notariat Services nuancent considérablement le tableau.
Les porteurs de projet résistent à la pression
Seuls 13 % des répondants gèlent totalement leurs projets. En revanche, 42 % maintiennent leur projet inchangé. Fait remarquable : 11 % affirment même que le contexte renforce leur envie d’acheter. La crise pousse une partie des Français à sécuriser davantage leur patrimoine. En ce sens, l’immobilier valeur refuge répond précisément à cette attente.
Au total, 53 % des porteurs de projet maintiennent leur intention d’achat malgré la crise. Le marché ne s’arrête pas, il ralentit.
François-Xavier Duny, Président de Notariat Services, le résume ainsi : « Malgré un contexte mondial instable, les répondants ne tournent pas le dos à la pierre. Ils continuent d’y voir un repère et une forme de sécurité. Mais cette envie se heurte à un besoin croissant d’accompagnement et de visibilité. »
Un paradoxe : plus la peur monte, plus l’envie d’acheter résiste
Ce paradoxe est au cœur de l’enquête. La crise géopolitique ne détourne pas les Français de l’immobilier. Elle renforce au contraire le besoin de s’ancrer dans du concret. La pierre est tangible. Elle dure. Elle répond à une quête de stabilité dans un monde perçu comme de plus en plus imprévisible. Dès lors, l’immobilier valeur refuge n’est pas un réflexe irrationnel : c’est une stratégie de protection patrimoniale assumée.
Taux immobiliers en 2026 : une fenêtre d’opportunité méconnue
Beaucoup d’acheteurs potentiels redoutent une remontée des taux liée aux conflits. La réalité du marché raconte pourtant une tout autre histoire. Les taux immobiliers se maintiennent à 3,30 % en mars 2026. Ce niveau reste en deçà du seuil psychologique de rupture que 30 % des porteurs de projet fixent à 4 %. Une fenêtre favorable s’ouvre donc. Mais la plupart des Français ne le savent pas.
Les chiffres de l’enquête Notariat Services sont révélateurs. 66 % des répondants ne connaissent pas le niveau réel des taux immobiliers en mars 2026. Par ailleurs, 37 % en ont vaguement entendu parler. Pire encore, 9 % croient que les taux ont déjà remonté à cause du conflit. Cette désinformation freine directement les intentions d’achat.
L’information change tout
Le pouvoir de l’information se démontre ici de façon frappante. Une fois informés du niveau réel des taux, les répondants changent radicalement de position. 48 % se disent favorables à un achat au printemps 2026. L’envie est là. Il manque l’information. Ce constat souligne le rôle crucial des professionnels de l’immobilier — notaires, agents, courtiers — dans la diffusion d’une information de marché fiable et accessible.
La crise réinvente les critères d’achat immobilier
La crise géopolitique ne modifie pas seulement les calendriers d’achat. Elle transforme en profondeur les projets eux-mêmes. L’immobilier se double désormais d’une quête de résilience concrète. Les acheteurs privilégient davantage l’autonomie, l’espace et l’efficacité énergétique.
Le DPE, critère numéro un depuis la crise énergétique
60 % des répondants accordent désormais davantage d’importance à la performance énergétique (DPE) depuis la crise énergétique liée à la guerre. Ce chiffre est considérable. Il traduit une prise de conscience claire : la dépendance énergétique représente un risque patrimonial direct. Un bien mal classé au DPE devient en effet une charge financière croissante à mesure que les prix de l’énergie s’envolent. En outre, il constitue un frein à la revente sur un marché de plus en plus sensible aux enjeux environnementaux.
Espace extérieur, villes moyennes, autonomie : l’immobilier de résilience s’invente
Au-delà du DPE, d’autres critères montent en puissance :
- 25 % des répondants font de l’espace extérieur (jardin, terrasse) un critère non négociable.
- 25 % se tournent davantage vers les villes moyennes ou la campagne.
- 24 % recherchent une autonomie énergétique accrue (panneaux solaires, pompe à chaleur, etc.).
Le bien idéal est désormais plus autonome, mieux ancré dans un territoire à taille humaine. Il résiste aux chocs extérieurs — qu’ils soient énergétiques, sanitaires ou géopolitiques. L’immobilier de résilience est en train de s’inventer.
Le notaire, expert de la décision en temps de crise
Dans un contexte d’incertitude, le besoin de sécurisation juridique et patrimoniale monte en puissance. Les résultats de l’enquête Notariat Services placent le notaire au centre du dispositif de confiance attendu par les acquéreurs.
Un recours plébiscité mais encore méconnu
68 % des répondants se disent prêts à consulter un notaire avant de prendre leur décision d’achat. Ce chiffre témoigne d’un besoin fort d’accompagnement expert. Pourtant, 12 % ignoraient encore que le notaire peut intervenir avant la signature. L’accompagnement en amont — conseil, audit patrimonial, sécurisation du montage juridique — reste trop méconnu du grand public.
Ce que les Français attendent du notaire en période de crise
Les attentes sont précises et hiérarchisées. 47 % placent en tête la sécurisation juridique du montage de leur achat. Viennent ensuite 32 % qui recherchent un conseil fiscal et des dispositifs protecteurs. Par ailleurs, 25 % souhaitent une alerte sur les risques patrimoniaux liés au contexte géopolitique. Enfin, 23 % demandent une lecture objective du marché immobilier local.
Ces attentes confirment une évolution majeure. Le notaire n’est plus perçu uniquement comme un signataire. Il s’impose comme un expert de la décision patrimoniale. Il aide l’acquéreur à naviguer dans un environnement juridique et économique complexe.

