Les charges d’eau pèsent lourd dans le budget des copropriétés. Pourtant, une solution existe et elle est souvent sous-estimée : le compteur individuel en copropriété. Dans cet épisode du podcast Allô l’Expert, Stéphane Giacomoni, directeur commercial de Multimat Comptage, spécialiste de l’installation et de la location de compteurs d’eau en copropriété, répond à la question. Est-ce que l’installation d’un compteur individuel fait vraiment baisser les charges ? La réponse est claire : oui. Mais les bénéfices vont bien au-delà de la simple réduction de la facture. Responsabilisation des occupants, détection des fuites, obligations légales… Stéphane Giacomoni décrypte tous les enjeux de ce dispositif encore trop peu répandu dans les immeubles anciens.
Sommaire
- Un levier puissant pour maîtriser ses charges d’eau
- Détection des fuites : un enjeu majeur pour la copropriété
- Ce que dit la loi sur le comptage individuel en copropriété
Un levier puissant pour maîtriser ses charges d’eau
Pourquoi le compteur individuel change tout
Dans un immeuble sans compteur individuel, personne ne paye réellement son eau. La consommation globale se répartit selon la règle des millièmes. Cette règle ne tient pas compte des habitudes de chacun. Résultat : les économies individuelles n’ont aucun impact sur la facture personnelle. Le compteur individuel en copropriété change radicalement cette logique. Dès son installation, chaque occupant paye exactement ce qu’il consomme. Ce principe simple produit un effet immédiat : les comportements évoluent.
Stéphane Giacomoni, directeur commercial de Multimat Comptage, le confirme sans ambiguïté : l’installation d’un compteur individuel fait systématiquement baisser les charges de copropriété. Son entreprise se spécialise dans l’installation et la location de compteurs d’eau individuels. Elle intervient principalement en Île-de-France, mais aussi dans les régions Nord, lyonnaise et en Savoie. Elle équipe les immeubles existants de solutions de comptage adaptées à leur configuration technique.
L’effet psychologique du compteur
L’impact du compteur individuel en copropriété est d’abord psychologique. Stéphane Giacomoni prend une image parlante. Si un immeuble n’avait qu’un seul compteur électrique pour tous les appartements, les lumières resteraient allumées en permanence. Personne n’aurait le réflexe d’éteindre. C’est exactement ce qui se passe avec l’eau dans les immeubles sans comptage individuel. Les occupants n’ont pas l’impression de payer. L’eau semble gratuite. Cette perception fausse entraîne des gaspillages considérables.
Or, dès que le compteur entre en service, ce rapport à la consommation change. Les résidents prennent conscience de leur usage réel. Ils adoptent naturellement des écogestes : pose de mousseurs sur les robinets, installation de double chasse d’eau, vigilance sur les robinets qui fuient. Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), un robinet qui goutte représente jusqu’à 120 litres d’eau gaspillés par jour. Un tel gaspillage reste invisible dans un système collectif. En revanche, il devient insupportable dès qu’il pèse directement sur la facture personnelle.
Répartiteurs de chauffage : le même mécanisme
Le même phénomène s’observe avec les répartiteurs de frais de chauffage fixés sur les radiateurs. Cet appareil mesure la chaleur émise par chaque radiateur. Beaucoup d’occupants ne savent pas ce que c’est. Pourtant, dès qu’ils comprennent qu’ils paient en fonction de cet index, ils ajustent leur comportement. Ils baissent le chauffage en leur absence. Ils ferment les fenêtres plutôt que de surchauffer. Ainsi, le comptage individuel — qu’il concerne l’eau ou le chauffage — agit comme un révélateur de la consommation réelle.
Un avantage concret pour les absents
Le compteur individuel en copropriété offre aussi un avantage souvent méconnu. Un copropriétaire absent trois ou quatre mois — pour raisons professionnelles, familiales ou pour une résidence secondaire — ne paye pas d’eau pendant cette période. Sans compteur, il règle sa quote-part selon les millièmes, présent ou non. Avec un compteur individuel, en revanche, il ne paye que ce qu’il consomme réellement. C’est une économie directe et immédiate. Elle profite tout particulièrement aux propriétaires de résidences secondaires et aux copropriétaires qui louent leur bien sur de courtes périodes.
De plus, cette logique pousse les résidents permanents à faire attention. Chaque mètre cube économisé se traduit par une charge moins élevée en fin d’année. La responsabilisation individuelle bénéficie ainsi à l’ensemble de la copropriété.
Détection des fuites : un enjeu majeur pour la copropriété
20 à 30 % des consommations partent en fuites et gaspillage
Les fuites constituent un problème récurrent et coûteux dans les copropriétés. Les compagnies des eaux nationales publient des chiffres éloquents : entre 20 et 30 % de la consommation totale d’un logement part en fuites et gaspillage. Ce constat vaut aussi bien pour les appartements que pour les pavillons, en copropriété ou non. À l’échelle d’un immeuble de cinquante logements, ce pourcentage représente des milliers d’euros de charges évitables chaque année.
Ces fuites prennent des formes variées : joints défectueux, robinetterie vétuste, fuites de chasse d’eau silencieuses. Selon l’association UFC-Que Choisir, une fuite de chasse d’eau non détectée peut engendrer jusqu’à 600 litres de gaspillage par jour. Sans comptage individuel, elle se noie dans la consommation globale de l’immeuble. Elle reste alors invisible pendant des mois, voire des années. Le compteur individuel en copropriété, associé à un système de télérelève, permet de détecter ces anomalies rapidement. Les gestionnaires agissent ainsi avant que les dégâts ne s’aggravent.
La télérelève au service des copropriétaires
Multimat Comptage s’appuie sur la télérelève pour fournir des informations précises aux copropriétaires. Ce système relève automatiquement les index de chaque compteur à intervalles réguliers. Il repère les surconsommations anormales. Il signale aussi les fuites potentielles avant qu’elles ne deviennent catastrophiques pour l’immeuble et ses finances.
Concrètement, le système détecte une anomalie sur un lot précis et remonte l’alerte. Le gardien ou le régisseur reçoit l’information. Il contacte alors un plombier partenaire pour intervenir sans délai. Les dégâts des eaux restent limités. Les charges de réparation aussi.
Stéphane Giacomoni le précise clairement : “Les anomalies sont signalées en temps réel, permettant à la copropriété d’engager rapidement les mesures correctives adaptées. Le compteur individuel en copropriété s’impose ainsi comme un véritable levier de gestion préventive, au service du syndic et des copropriétaires, pour anticiper les dérives et maîtriser les charges.”
Ce que dit la loi sur le comptage individuel
Une obligation légale depuis 2006
Le législateur a tranché depuis longtemps. L’article L111-9 du Code de la construction et de l’habitation impose, depuis 2006, l’installation d’un comptage individuel de l’eau froide dans tout immeuble collectif neuf. Les grands promoteurs — Nexity, Bouygues Immobilier, Kaufman & Broad — intègrent cette exigence dès la conception de leurs bâtiments. Ils ne se posent plus la question. Cette obligation traduit une prise de conscience claire du législateur.
Stéphane Giacomoni le souligne : “Le législateur ne s’y est pas trompé. L’utilité n’est plus à démontrer : elle est désormais reconnue comme une évidence, au point d’en faire une obligation.”
Pourtant, des millions de logements construits avant 2006 restent dépourvus de compteur individuel. C’est précisément là que le compteur individuel en copropriété représente un enjeu fort pour les syndicats de copropriétaires et les syndics professionnels.
La loi ELAN renforce les exigences
La loi ELAN de 2018 a renforcé les obligations en matière de comptage pour le chauffage collectif. Elle impose l’installation de répartiteurs de frais de chauffage ou de compteurs de chaleur individuels dans les immeubles concernés. Cette dynamique législative confirme une tendance de fond : l’individualisation des charges est devenue un objectif prioritaire de la politique du logement en France.
Comment faire installer un compteur individuel en copropriété ?
La décision se prend en assemblée générale. Conformément à la loi du 10 juillet 1965, elle relève d’un vote à la majorité de l’article 24. Concrètement, il suffit de réunir la majorité des voix des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance. C’est une majorité simple, accessible dans la plupart des assemblées générales.
Des sociétés spécialisées comme Multimat Comptage proposent des formules d’installation et de location adaptées aux immeubles existants, même ceux dont la configuration technique est complexe. Un audit préalable permet d’évaluer la faisabilité du projet et d’estimer le retour sur investissement. Stéphane Giacomoni invite tous les copropriétaires qui s’interrogent sur leurs charges à contacter un spécialiste via le site www.multimat.fr. Une visite sur site permet d’identifier rapidement les leviers d’économies disponibles et de proposer une solution sur mesure.

