Le marché de l’entretien-amélioration du logement termine 2025 dans le rouge, mais avec des signaux moins alarmants qu’en début d’année. Selon le baromètre BOREAL 2026 publié par le Club de l’Amélioration de l’Habitat (CAH) en partenariat avec Xerfi Specific, l’activité recule de -0,9 % sur l’ensemble de l’année, pénalisée par une croissance molle, un marché de l’emploi atone et des conditions de financement encore restrictives. Pourtant, la contraction ralentit trimestre après trimestre. La rénovation énergétique, elle, souffre de plein fouet des turbulences autour de MaPrimeRénov’. Alors que 2026 s’ouvre sur un contexte macroéconomique légèrement plus favorable, une question s’impose : l’entretien-amélioration du logement peut-il enfin renouer avec la croissance ?
Sommaire :
- Le marché de l’entretien-amélioration du logement résiste-t-il en 2025 ?
- Petites et grandes entreprises : qui souffre le plus ?
- La rénovation énergétique est-elle la grande perdante de 2025 ?
- Quelles perspectives pour l’entretien-amélioration du logement en 2026 ?
À retenir — entretien-amélioration du logement en 2025-2026
- Le marché de l’entretien-amélioration du logement recule de -0,9 % en 2025.
- La baisse ralentit : -0,6 % au 4ème trimestre contre -0,8 % au 3ème.
- Le logement collectif souffre plus que la maison individuelle.
- MaPrimeRénov’ suspendue six mois a plombé la rénovation énergétique.
- Une hausse de +1 % est attendue en 2026.
Le marché de l’entretien-amélioration du logement résiste-t-il en 2025 ?
Un recul continu, mais qui s’essouffle
En 2025, le secteur de l’entretien-amélioration du logement subit de plein fouet la morosité économique. L’activité recule sur l’ensemble de l’année. La tendance annuelle glissante s’établit à -0,9 % en valeur. Toutefois, ce repli perd de son intensité au fil des trimestres. Au 3ème trimestre, la baisse atteint -0,8 %. Elle se limite à -0,6 % au 4ème trimestre. Ce ralentissement progressif envoie un signal encourageant. Il ne suffit pas encore, en revanche, à parler de reprise.
Or le contexte économique général pèse lourd. La croissance reste modérée. La dynamique d’emploi demeure limitée. Les conditions de financement restent restrictives. Dès lors, ces trois facteurs conjugués freinent la décision des ménages d’engager des travaux d’entretien-amélioration du logement.
Toutes les régions sont touchées, certaines plus que d’autres
La contraction du marché de l’entretien-amélioration du logement n’épargne aucune région française. Les disparités restent néanmoins significatives. Au 4ème trimestre 2025, les reculs les plus faibles s’observent en Île-de-France et en Normandie, avec -1 % chacune. À l’opposé, la Bretagne et l’Occitanie enregistrent les baisses les plus marquées, à -2,5 %.
En effet, ces écarts régionaux reflètent des réalités locales contrastées : tissu économique, dynamisme démographique, parc de logements anciens, niveau de revenus des ménages. Autrement dit, les professionnels du secteur doivent adapter leurs stratégies territoire par territoire.

Petites et grandes entreprises : qui souffre le plus ?
Un impact uniforme quelle que soit la taille des structures
En 2025, aucune catégorie d’entreprise n’échappe au repli de l’activité d’entretien-amélioration du logement. Les structures de moins de 10 salariés démarrent l’année avec un recul de -1,1 % au 1er trimestre. Elles terminent à -0,6 % au 4ème trimestre, soit une amélioration sensible sur douze mois.
Par ailleurs, les entreprises de plus de 10 salariés suivent une trajectoire similaire. Elles atteignent leur point bas au 2ème trimestre, avec un repli de -1,6 %. Elles finissent également à -0,6 % en fin d’année. Cette convergence entre petites et grandes structures illustre ainsi le caractère systémique de la crise qui traverse le secteur.
Logement collectif : un segment davantage pénalisé
Le logement collectif subit un recul plus prononcé que la maison individuelle dans l’entretien-amélioration du logement. Pour les maisons individuelles, la baisse reste contenue : -0,2 % au 1er trimestre, -0,1 % au 4ème trimestre. Ce segment résiste donc relativement bien.
En revanche, le logement collectif enregistre des diminutions bien plus importantes : -1,3 % au 1er trimestre et -1,1 % au 4ème trimestre. Ce décrochage s’explique notamment par le report de travaux dans les copropriétés. Ces dernières font face à des contraintes de financement collectif et à des processus de décision plus longs.
La rénovation énergétique est-elle la grande perdante de 2025 ?
MaPrimeRénov’ en cause
La rénovation énergétique figure parmi les segments les plus touchés de l’entretien-amélioration du logement en 2025. L’activité termine l’année avec un recul de -0,4 %, au même niveau qu’en début d’année. Le dispositif MaPrimeRénov’, mis à l’arrêt entre juin et septembre 2025, explique en grande partie ce résultat.
Or cette interruption gèle les projets de rénovation énergétique chez de nombreux ménages. La reprise espérée à l’automne ne se matérialise pas comme prévu. À partir d’octobre 2025, les modifications apportées au dispositif accentuent la frilosité des ménages. La limitation du nombre de demandes éligibles et l’abaissement du plafond de dépenses poussent de nombreux projets à se reporter.
Un dispositif d’aides fragilisé
Ces évolutions réglementaires successives sèment le doute chez les artisans et les ménages. Pourtant, la lisibilité des aides à la rénovation énergétique joue un rôle déterminant dans la décision de lancer des travaux d’entretien-amélioration du logement. En conséquence, toute instabilité du cadre réglementaire génère mécaniquement un attentisme des maîtres d’ouvrage.
Quelles perspectives pour l’entretien-amélioration du logement en 2026 ?
Un léger rebond envisagé
L’enquête BOREAL 2026 entrevoit une embellie pour le marché de l’entretien-amélioration du logement. Une hausse de +1 % en valeur se dessine pour 2026. Elle s’appuie sur une progression des prix estimée à +0,7 % (IPEA — indice des prix des travaux d’entretien-amélioration des bâtiments). Cette projection repose néanmoins sur une hypothèse forte : l’utilisation à 100 % de l’enveloppe des aides disponibles.
Or les conditions économiques restent fragiles. La croissance demeure contenue. Elle ne permet pas d’anticiper une reprise franche de l’activité. Dès lors, le redressement s’annonce progressif. Il reste conditionné à la stabilisation du cadre macroéconomique et réglementaire.
Les conditions d’une reprise durable
Pour que l’entretien-amélioration du logement retrouve une dynamique positive durable, plusieurs leviers doivent se conjuguer. Les dispositifs d’aides doivent se stabiliser. Les conditions de financement des ménages doivent s’améliorer. Les professionnels du secteur doivent regagner confiance. Par ailleurs, l’inflation, désormais stabilisée, envoie un signal positif. Toutefois, ce seul facteur ne suffira pas à relancer la machine.

