38% des Français vivent en immeuble. Se sentent-ils bien chez eux ? L’association PLURIENCE a posé la question à 1 000 habitants via Ipsos. La réponse surprend. Pourtant 88% déclarent s’y sentir bien — et ce n’est pas le confort de leur appartement qui les satisfait en premier. C’est le calme, les commerces, les transports. Le bien-être en copropriété se joue autant dans le quartier qu’entre quatre murs. Cette étude pointe aussi les irritants — bruit, conflits de voisinage — et ouvre des pistes concrètes : rénovation énergétique, emprunt collectif, numérique. Un état des lieux utile, à l’heure où les municipales approchent.
Sommaire :
- Qu’est-ce qui favorise le bien-être en copropriété ?
- Quelles sont les principales sources de mal-être en immeuble ?
- Comment les Français jugent-ils la gestion de leur copropriété ?
- La rénovation énergétique devient-elle une priorité pour les copropriétés ?
- Quel rôle jouent les gestionnaires et les élus locaux ?
À retenir — Bien-être en copropriété : ce que révèle l’étude Plurience 2026
- 88% des habitants d’immeuble se sentent bien dans leur copropriété, +4 points depuis 2019.
- Le bruit et le voisinage pénalisent les 12% d’insatisfaits, pas le gestionnaire.
- 77% des copropriétaires ont une opinion positive de leur syndic, en hausse constante.
- 56% jugent la rénovation énergétique prioritaire, mais 36% bloquent sur le reste à charge.
- 54% envisagent l’emprunt collectif pour financer leurs travaux de rénovation.
Qu’est-ce qui favorise le bien-être en copropriété ?
La tranquillité, premier facteur de satisfaction
Le calme arrive en tête. 58% des habitants citent la tranquillité comme principale source de bien-être en copropriété. Les résidents placent ainsi la qualité sonore de leur environnement avant tout autre critère. La tranquillité n’est pas un luxe : c’est une condition essentielle.
Or, ce constat soulève un vrai problème. La réglementation acoustique encadre les bâtiments neufs via l’arrêté du 30 juin 1999. Toutefois, les immeubles anciens — majoritaires dans le parc en copropriété — restent souvent en deçà de ces standards. Ce décalage explique en partie la forte sensibilité des résidents à la tranquillité résidentielle dans le bâti ancien et l’habitat collectif.
L’environnement immédiat, un critère décisif
Le cadre de vie urbain compte autant que le logement lui-même. 48% des répondants valorisent la proximité des commerces. 44% citent les transports en commun. Le confort de l’appartement, en revanche, n’arrive qu’en quatrième position avec 42%. Le bien-être en copropriété dépasse donc largement les murs du logement. Il englobe la vie de quartier, les espaces communs, les espaces verts et le stationnement.
Par ailleurs, l’analyse PLURIENCE le souligne clairement : ces dimensions « relèvent directement de l’action municipale et structurent la perception d’un quartier agréable, sécurisé et bien entretenu ». En d’autres termes, les élus locaux portent une responsabilité directe sur le bien-être en copropriété.
Les propriétaires, plus satisfaits que les locataires
Le statut d’occupation influence fortement le bien-être en copropriété. Les propriétaires affichent 94% de satisfaction. Les résidents en logement social atteignent 82%, les occupants à titre gratuit 81%. En revanche, la taille ou la typologie de l’immeuble changent peu la donne. C’est le lien à la propriété — et le sentiment de maîtrise qu’il procure — qui fait la différence.
Quelles sont les principales sources de mal-être en immeuble ?
Le bruit et les nuisances sonores, ennemis numéro un
12% des habitants se sentent mal dans leur immeuble. Parmi eux, 62% pointent les nuisances sonores en cause. Le bruit des voisins, des parties communes ou de la rue constitue le premier obstacle au bien-être en copropriété. Des réponses concrètes existent pourtant : isolation thermique et acoustique renforcée, règlement de copropriété appliqué, médiation de voisinage ou recours au conseil syndical. En effet, les troubles de voisinage figurent parmi les premiers motifs de contentieux en copropriété.
Les conflits de voisinage, deuxième source d’insatisfaction
40% des insatisfaits citent les relations de voisinage comme source de mal-être. À l’inverse, la relation avec le gestionnaire n’est en cause que pour 2% des personnes interrogées. Ce chiffre bat en brèche une idée reçue : le syndic n’est pas responsable du mal-être ressenti. C’est le lien humain entre voisins qui crée les tensions, pas la gestion administrative. La médiation et le dialogue restent donc les outils les plus efficaces pour préserver le bien-être en copropriété.
Les pistes d’amélioration identifiées par les résidents
Les insatisfaits savent ce qu’ils veulent. Trois axes ressortent nettement : davantage de tranquillité et de calme (56%), une meilleure isolation ou un confort amélioré de l’appartement (46%), de meilleures relations de voisinage (32%). Ces attentes dessinent une feuille de route claire. En conséquence, les travaux acoustiques et les actions de médiation s’imposent comme des investissements prioritaires pour toute copropriété soucieuse du bien-être en copropriété.
Comment les Français jugent-ils la gestion de leur copropriété ?
Une satisfaction globale en progression
80% des habitants en copropriété se déclarent satisfaits de la gestion de leur immeuble. Mieux encore : 77% expriment une opinion positive de leur gestionnaire, soit +4 points vs 2023 et +5 points vs 2022. Ce niveau de confiance témoigne d’une profession en transformation. Les gestionnaires orientent davantage leur activité vers le service et la relation humaine.
Cette évolution s’explique aussi par le cadre législatif. La loi Hoguet du 2 janvier 1970 encadre la profession. La loi ALUR du 24 mars 2014 a ensuite renforcé les obligations de transparence et de formation. Ces réformes ont professionnalisé le secteur et amélioré la relation entre gestionnaires et copropriétaires.
Le numérique, levier d’amélioration de la gestion
Les copropriétaires formulent des attentes précises. Ils réclament le vote en ligne, la participation à distance aux assemblées générales et l’accès à des informations centralisées via des espaces extranet copropriétaires. Ces outils répondent à une demande de transparence et de simplicité. D’ailleurs, 75% des copropriétaires jugent déjà le fonctionnement de leur copropriété simple. La dématérialisation s’impose ainsi comme levier clé du bien-être en copropriété.
La rénovation énergétique devient-elle une priorité pour les copropriétés ?
Une prise de conscience en nette progression
La rénovation énergétique gagne du terrain. 56% des personnes interrogées la citent comme priorité, soit +5 points par rapport à 2022. Les motivations sont claires : 47% visent des économies d’énergie, 29% recherchent un gain de confort.
Toutefois, 36% des répondants identifient le reste à charge comme frein principal. Le bien-être en copropriété passe donc aussi par la performance énergétique du bâtiment et la lutte contre les passoires thermiques.
L’emprunt collectif, une solution qui monte en puissance
Face au frein financier, l’emprunt collectif s’impose progressivement. 23% des Français en ont entendu parler. Pourtant, 54% des copropriétaires se déclarent prêts à y recourir. Ce mécanisme permet au syndicat des copropriétaires, en tant que syndicat emprunteur, de contracter un emprunt en personne morale. L’effort financier se répartit ainsi entre tous les lots de copropriété.
Quel rôle jouent les gestionnaires et les élus locaux ?
Les gestionnaires ne se contentent plus d’administrer des immeubles. Ils deviennent des acteurs clés du bien-être en copropriété. Ils constituent un relais précieux entre les habitants et les décideurs locaux.
Selon David Chouraqui, Président de PLURIENCE : « Les gestionnaires d’immeubles sont en première ligne : ils sont au contact chaque jour des attentes des Français et savent combien le cadre de vie est devenu un enjeu essentiel pour les familles. »
L’étude PLURIENCE prend une résonance particulière en période pré-électorale. Les attentes des habitants d’immeubles — propreté, transports, commerces, espaces verts, sécurité — relèvent directement des compétences municipales.
David Chouraqui le formule sans détour : « Les élus et l’ensemble des acteurs de la politique de la Ville et du Logement gagneraient à s’appuyer davantage sur cette connaissance de terrain des gestionnaires de copropriété pour coconstruire des quartiers plus vivables et plus durables. »
Le message est clair. Le bien-être en copropriété s’impose comme un enjeu de politique du logement et d’urbanisme à part entière. Les maires ont un rôle direct à jouer : qualité des espaces publics, offre de transports, maillage commercial, sécurité, propreté. L’habitat durable et le lien social entre résidents constituent des priorités partagées entre syndics professionnels, élus et acteurs de la politique de la ville.

