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Vie pratique

Nuisibles à domicile : 62% des Français touchés, un fléau qui explose

Nuisibles à domicile : 62% des Français touchés, un fléau qui explose

Les nuisibles à domicile constituent désormais la première crainte des Français, devant les cambriolages. Selon une étude Ipsos pour la plateforme Badbugs.fr, 62 % des ménages ont subi une infestation au cours des cinq dernières années. Ce chiffre a doublé depuis 2021. Punaises de lit, rats, guêpes et frelons asiatiques envahissent les logements à un rythme alarmant. Par ailleurs, 69 % des victimes déclarent un impact sur leur qualité de vie et leur santé mentale. Face à cette prolifération, les assureurs commencent à proposer des garanties spécifiques de désinsectisation et dératisation. Toutefois, 68 % des Français ignorent encore leur existence. Cette enquête menée auprès de 1 000 personnes révèle l’ampleur du phénomène et les solutions disponibles pour lutter contre les nuisibles à domicile.


Sommaire :


À retenir – Les nuisibles à domicile en France

  • 62 % des Français ont subi une infestation de nuisibles à domicile en cinq ans.
  • Les punaises de lit, rats et guêpes/frelons connaissent la plus forte progression.
  • Le coût moyen d’une infestation atteint 570 €.
  • 68 % des Français ignorent que leur assurance habitation peut couvrir les nuisibles à domicile.
  • 57 % des Français souhaitent que la lutte contre les nuisibles devienne un enjeu des élections municipales.

Pourquoi les infestations de nuisibles à domicile explosent-elles en France ?

Une progression spectaculaire en cinq ans

Le nombre d’infestations de nuisibles à domicile a quasiment doublé entre 2021 et 2025, selon l’étude Ipsos pour Badbugs.fr publiée en février 2026. En 2021, seulement 16 % des Français déclaraient avoir été confrontés à une invasion de parasites ou de rongeurs. En 2025, ce taux atteint 32 % pour l’ensemble des nuisibles (hors moustique tigre) et 42 % en incluant ce dernier.

L’enquête, menée auprès de 1 000 personnes représentatives de la population française, révèle que 62 % des ménages ont subi au moins une infestation au cours des cinq dernières années. Ce phénomène de prolifération touche toutes les catégories socioprofessionnelles de manière quasi égale, des maisons individuelles aux appartements en copropriété.

Évolution des infestations de nuisibles à domicile (2021-2025)
Évolution des infestations de nuisibles à domicile (2021-2025)

 

Quels nuisibles à domicile progressent le plus rapidement ?

Trois catégories de nuisibles à domicile tirent cette progression selon les données Ipsos. Les infestations de guêpes et frelons, notamment le frelon asiatique, ont été multipliées par 2,8. Celles liées aux rats et autres rongeurs ont augmenté d’un facteur 2,5. Enfin, les punaises de lit ont vu leur présence multipliée par 2,1. Les trois espèces les plus fréquemment rencontrées restent les moustiques tigres, les souris et les guêpes/frelons. Ces insectes volants et rampants confirment une propagation généralisée nécessitant une réponse adaptée en termes de désinsectisation et dératisation.

Quelles régions sont les plus touchées par les nuisibles à domicile ?

La répartition géographique des infestations de nuisibles à domicile révèle de fortes disparités territoriales en matière de salubrité des habitations. Le Sud-Ouest affiche le taux d’infestation le plus élevé avec 76 % de la population touchée. Le Sud-Est suit avec 69 %, puis l’Île-de-France avec 63 %. Le Nord-Ouest enregistre 57 % et le Nord-Est 53 %.

L’étude Ipsos explique cette répartition par la surexposition aux moustiques tigres et aux insectes volants dans le Sud, ainsi qu’à la présence accrue de punaises de lit et de cafards (blattes) dans les immeubles collectifs de la région parisienne.

Taux d'infestation par nuisibles à domicile selon les régions
Taux d’infestation par nuisibles à domicile selon les régions

Quel est l’impact financier et psychologique des nuisibles à domicile ?

Un coût moyen de 570 euros par foyer

Les nuisibles à domicile représentent une charge financière considérable pour les ménages français. Selon l’étude, les foyers touchés dépensent en moyenne 570 euros pour faire face à une infestation et obtenir une éradication complète. Ce montant correspond à la somme moyenne dépensée par les foyers ayant connu une ou plusieurs contaminations dont le nuisible cité lors de la dernière infestation.

Le coût du traitement professionnel varie fortement selon le type de parasite. Les punaises de lit engendrent les dépenses totales les plus élevées avec 816 euros en moyenne (diagnostic, désinsectisation, remplacement de literie). Les puces représentent 684 euros et les rats 560 euros. L’intervention d’un technicien hygiéniste certifié coûte en moyenne 284 euros, mais peut atteindre 492 euros pour les puces, 360 euros pour les souris, 346 euros pour les rats et 337 euros pour les moustiques tigres.

Coût moyen du traitement professionnel selon le type de nuisible à domicile
Coût moyen du traitement professionnel selon le type de nuisible à domicile

Des conséquences lourdes sur la santé mentale

Au-delà de l’aspect financier, les nuisibles à domicile affectent profondément la qualité de vie et la santé mentale des victimes. L’étude révèle que 69 % d’entre elles déclarent un impact notable sur leur bien-être. Les symptômes les plus fréquents concernent le stress (44 % des victimes), les problèmes de sommeil liés aux piqûres et démangeaisons (38 %), la nervosité accrue (31 %), la honte face à un problème d’hygiène perçu (14 %) et l’isolement social (5 %). Ces troubles psychologiques peuvent persister bien après l’extermination des nuisibles, créant un risque sanitaire durable.

Impact psychologique des nuisibles à domicile sur les victimes
Impact psychologique des nuisibles à domicile sur les victimes

Des arbitrages budgétaires contraints

Face aux dépenses imprévues, de nombreux ménages doivent revoir leur budget et sacrifier certaines dépenses. 40 % des victimes déclarent avoir renoncé à certaines dépenses essentielles ou de loisirs pour financer la désinfection de leur habitation. Ce chiffre grimpe à 68 % chez les personnes confrontées aux punaises de lit, illustrant le caractère particulièrement coûteux de ce parasite. Les postes de dépenses les plus souvent sacrifiés sont les vacances (15 %), les vêtements (15 %), les loisirs à la maison (14 %), les loisirs hors domicile (14 %) et l’alimentation (12 %).

Comment les assurances couvrent-elles les nuisibles à domicile ?

Des garanties intégrées aux assurances habitation

Face à la multiplication des nuisibles à domicile, plusieurs assureurs proposent désormais des solutions concrètes d’indemnisation. MACIF, CCF, Luko et Friday incluent des garanties nuisibles dans leurs contrats d’assurance habitation. Ces garanties comprennent généralement la mise en relation avec des professionnels certifiés (dératiseurs, désinsectiseurs) et la prise en charge du traitement professionnel, à hauteur de 300 à 500 euros selon les compagnies. Ces nouvelles offres permettent aux assurés de bénéficier d’un remboursement partiel ou total des frais d’intervention.

Des assurances affinitaires plus complètes

Des options spécialisées, dites « affinitaires », se développent également sur le marché de la garantie habitation. Badbugs.fr, Leocare et Homeserve proposent des garanties plus étendues pour les nuisibles à domicile. Ces offres peuvent inclure une prise en charge financière plus élevée, le relogement temporaire durant le traitement thermique ou chimique, le ménage post-traitement et même la garde des animaux de compagnie.

Badbugs.fr propose trois formules d’assurance adaptées à différents besoins : 3 euros, 4 euros et 5 euros par mois. La plateforme sélectionne et audite ses experts antiparasitaires, garantit la transparence des devis et accompagne les particuliers tout au long du processus d’éradication, de l’inspection initiale à la prévention des récidives.

Une méconnaissance persistante des Français

Malgré ces avancées significatives, 68 % des Français ignorent l’existence de ces garanties contre les nuisibles à domicile. Pourtant, 53 % estiment que ce type de couverture contre les sinistres liés aux parasites les intéresse. Cet intérêt est particulièrement marqué chez les CSP+ (59 %) et les habitants des grands centres urbains (56 %). Cette méconnaissance représente un frein majeur à la protection des ménages face aux infestations et aux risques de réinfestation.

Les nuisibles à domicile deviennent-ils un enjeu politique ?

Une présence croissante dans l’espace public

Les nuisibles ne se cantonnent plus au domicile ni à la sphère privée. L’étude Ipsos révèle que 66 % des Français ont observé des vermines dans l’espace public près de chez eux au cours des 12 derniers mois. Ce chiffre atteint 73 % à Paris et 72 % dans les grandes villes. Les rongeurs sont les plus fréquemment aperçus (rats 33 %, souris 21 %), suivis des guêpes et frelons (31 %). Cette présence croissante alimente un sentiment d’insécurité sanitaire et environnementale, soulevant des questions de salubrité publique et d’hygiène collective.

Une attente forte envers les élus municipaux

Cette exposition quotidienne aux nuisibles dans l’espace public génère une demande d’action politique et de prévention collective. 57 % des Français estiment que la lutte contre les nuisibles devrait figurer parmi les sujets débattus lors des élections municipales à venir. Cette proportion atteint 63 % dans les grandes villes et 65 % à Paris.

Parmi les personnes ayant été confrontées à une contamination ces cinq dernières années, 64 % considèrent ce sujet comme prioritaire. L’infestation de nuisibles arrive d’ailleurs en tête des événements que les Français souhaitent le plus éviter dans les 12 prochains mois (27 %), devant le cambriolage (26 %) et le dégât des eaux (16 %).

Nicolas Roux de Bézieux, fondateur et dirigeant de Badbugs.fr, également auteur chez Larousse de « Punaises de lit : le Manuel pour s’en débarrasser définitivement », souligne l’urgence d’une réponse collective face à ce problème d’insalubrité croissant : « Cette étude montre l’urgence d’agir. La lutte contre les nuisibles ne peut plus reposer uniquement sur les particuliers. L’implication d’une partie des assureurs est une excellente nouvelle qu’il faut saluer et qui donnera j’espère des idées aux autres ! Pour ce qui est de l’espace public, il faut souhaiter que les futures équipes municipales et plus largement les responsables politiques vont prendre la mesure de l’enjeu et agir en conséquence. »

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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