Nuisance sonore : Qualité du logement et perception du bruit à domicile

Nuisance sonore : Qualité du logement et perception du bruit à domicile
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L’enquête* réalisée par l’association Bruitparif, Observatoire du bruit en Ile-de-France, établit que 54% des Franciliens sont plutôt gênés par le bruit à domicile. Evidemment, le fait d’avoir un lieu de résidence qualifié de « bruyant » renforce le niveau de gêne à domicile : on passe ainsi de 15% de gêne à 96%.

L’environnement sonore du logement n’est pas le critère de choix principal

Au moment où ils ont choisi leur logement, les Franciliens n’ont accordé à l’environnement sonore qu’une importance très relative puisque seuls 20% y ont « beaucoup » prêté attention. La salubrité est scrutée avec trois fois plus d’intérêt (58%), tandis que l’ensoleillement et la vue le sont deux fois plus souvent. Le bruit est un sujet dont on se préoccupe peu avant d’emménager, mais qu’on regrette ensuite d’avoir négligé.

On recense ainsi une personne sur deux qui aurait aimé avoir des informations sur le niveau du bruit dans le quartier avant d’emménager et une sur quatre n’y aurait peut-être pas emménagé si elle avait, au préalable, été avertie de la situation. D’ailleurs, au final, une personne sur quatre qui réside en Ile-de-France dit avoir déjà pensé à déménager à cause du bruit (24%).

Une gêne plus importante en agglomération parisienne

On remarque que la gêne est plus importante en agglomération parisienne (56%) qu’hors agglomération (39%), chez ceux qui vivent en appartement (60%) plutôt qu’en maison (40%) et que les plus gênés sont les locataires du parc social (64%).

Entre Paris où la gêne est maximale (62%) et la Seine-et-Marne (42%), on mesure un écart de 20 points dans la perception de la gêne. Le Val-d’Oise, bien qu’assez éloigné du centre de la métropole, recueille ici un score assez médiocre (57% de gêne). Cette situation est probablement due aux nuisances générées par les survols du territoire par des avions : c’est, de loin, le département où les survols d’avions en phase de décollage ou d’atterrissage sont les plus fréquents et où ces survols ont lieu à la fois le jour et la nuit.

Le plus souvent, cette gêne qu’on éprouve vis-à-vis du bruit à domicile n’est pas récente : dans 52% des cas, elle dure depuis plus de trois ans.

Quelle est la source déclarée des nuisances sonores à domicile ?

43% Franciliens citent, comme source principale des nuisances sonores ressenties à leur domicile, une source de bruit liée aux transports viennent ensuite les bruits générés par les voisins cités en premier par 29% des Franciliens. Ils sont ainsi tout autant à se plaindre en premier de leurs voisins, (29%) que de la circulation routière et des différents bruits qu’elle peut engendrer (31%).

La gêne liée aux bruits générés par les voisins touche plus d’un Francilien sur deux (52% en réponses cumulées). 44% des Franciliens citent par ailleurs les bruits des deux-roues motorisés parmi les trois sources de bruit à domicile les gênant le plus.

Les effets du bruit sur la santé

Concrètement, 4 personnes sur 10 qui résident en Ile-de-France disent avoir déjà ressenti les effets du bruit sur leur santé (41%). Les ouvriers (50%), les agriculteurs, commerçants et artisans (49%) ou encore les membres des professions intermédiaires (46%) sont les groupes socioprofessionnels les plus concernés. Les femmes seraient plus touchées que les hommes (45% vs 37%) et les habitants de l’agglomération parisienne plus que ceux qui résident en zone moins peuplée (42% vs 36%).

La gêne provoquée par le bruit à domicile n’est pas sans conséquence. Par exemple, près d’un Francilien sur deux a déjà dû fermer les fenêtres de son domicile à cause du bruit et des nuisances sonores (49%) et 31% ont dû monter le son de la télévision ou de la radio.

La fatigue (29%) et l’irritabilité (28%) sont les signes les plus fréquemment décrits. Un Francilien sur quatre reconnaît des effets sur la qualité de son sommeil. 23% évoquent le besoin de parler plus fort et 22% des difficultés de concentration ou d’apprentissage. Par ailleurs, suite à la pratique de loisirs bruyants, plus d’une personne sur deux fait état d’acouphène, de perte auditive ou d’hyperacousie. Dans un cas sur trois, ces troubles n’ont pas disparu.

Les conséquences de l’exposition au bruit à domicile peuvent devenir conflictuelles

30% des personnes interrogées ont déjà été confrontées à des conflits de voisinage liés aux bruits, qu’ils ont résolu à l’amiable, 16% ont fait appel aux forces de l’ordre (soit environ une personne sur sept) tandis que 10% ont fait appel à une tierce personne (médiation) pour résoudre le conflit. 3% auraient même porté l’affaire en justice.

Dans un autre registre, 25% des Franciliens se protègent du bruit en utilisant des bouchons d’oreille ; 9% prennent des médicaments. Enfin, 16% ont opté pour la réalisation de travaux d’isolation acoustique tandis que 7% ont déjà changé l’affectation des pièces pour remédier à ce type de problèmes.

Si, en moyenne, 25% des personnes interrogées déclarent un « conflit en cours » lié au bruit, la proportion peut grimper à 40% chez les chômeurs plus sensibles au bruit.

48% des enquêtés disposent, à leur connaissance, d’un logement doté d’une isolation améliorée. 22% des personnes concernées (soit 11% de la population totale) auraient bénéficié d’aides financières ou d’indemnisations pour cette isolation, le plus souvent sous forme de crédit d’impôt (48%).

* L’association Bruitparif, Observatoire du bruit en Ile-de-France, a pour objectif de développer les connaissances dans le domaine de l’environnement sonore et de mener des évaluations. Afin d’éclairer les politiques publiques, de hiérarchiser les enjeux et d’orienter son programme d’actions, Bruitparif a confié au CREDOC la réalisation d’une enquête auprès des Franciliens pour caractériser la perception qu’ils ont des nuisances. L’enquête a été réalisée auprès de 3046 personnes âgées de 15 ans et plus, résidant en Ile-de-France, qui faisaient partie d’un panel d’internautes. Elles ont été interrogées, en ligne, lors de deux vagues distinctes : au printemps 2016 (1500 personnes) et en hiver 2016 (1546 personnes).

> Qualité de vie et nuisances sonores : opinion et comportements des franciliens. Etude réalisée pour Bruitparif par Patricia Croutte et Sophie Lautié.

Source : www.credoc.fr