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Immobilier

​Marché immobilier au 1er trimestre 2026 : le redressement se confirme

​Marché immobilier au 1er trimestre 2026 : le redressement se confirme

Le marché immobilier au 1er trimestre 2026 se redresse, mais sans s’emballer. Selon le Billet Tendances Laforêt de mars 2026, la demande progresse de +4 % au niveau national, l’offre accélère de +9 % et les prix restent stables à +0,5 %. Pourtant, les acquéreurs prennent leur temps : les délais de vente s’allongent à 103 jours et 8 transactions sur 10 font l’objet d’une négociation. Inflation, taux en légère hausse et incertitudes géopolitiques pèsent sur les décisions. Le redressement est réel — les chiffres le prouvent.


Sommaire :


À retenir — Marché immobilier au 1er trimestre 2026

  • La demande immobilière progresse de +4 % au niveau national au 1er trimestre 2026.
  • L’offre de biens disponibles accélère de +9 % en trois mois.
  • Les prix se stabilisent à +0,5 % au niveau national.
  • Les délais de vente s’allongent à 103 jours en moyenne.
  • 8 transactions sur 10 font désormais l’objet d’une négociation.

Le marché immobilier au 1er trimestre 2026 repart-il vraiment ?

Le Billet Tendances Laforêt de mars 2026 le confirme : le marché immobilier français poursuit son redressement entamé en 2025. La reprise reste toutefois prudente. Après un rebond spectaculaire de +18 % de la demande l’an dernier, le rythme se modère. Les fondamentaux tiennent. Les fragilités, en revanche, demeurent.

Un rebond de 2025 difficile à égaler

2025 avait marqué un tournant. La baisse des taux de crédit immobilier avait redonné du souffle aux acquéreurs. Le marché avait ainsi enregistré une hausse significative du volume de transactions. En ce début 2026, le contexte est différent. Les taux d’intérêt remontent légèrement : de 3,05 % à l’été 2025, ils atteignent 3,25 % en janvier 2026. La capacité d’emprunt des ménages se réduit en conséquence. L’effet d’aubaine s’estompe. Le marché entre dès lors dans une phase de normalisation.

La demande est-elle toujours au rendez-vous ?

Au niveau national, la demande progresse de +4 % au premier trimestre 2026 par rapport à décembre 2025. La dynamique reste positive. Elle est néanmoins bien plus mesurée que le bond enregistré l’an dernier.

Des disparités territoriales marquées

La progression varie selon les territoires. Paris affiche +6 %, l’Île-de-France +4 %, les régions +3 %. Ce sont ces dernières qui ont le plus souffert des aléas climatiques de janvier et février 2026, classés catastrophes naturelles dans plusieurs départements. Ces événements ont en effet mécaniquement ralenti l’activité sur ces marchés.

Appartements en hausse, maisons en retrait

Les choix budgétaires des acquéreurs se lisent directement dans la nature des biens recherchés. La demande progresse de +6 % sur les appartements. Elle recule en revanche de -2 % sur les maisons. Ce repli saisonnier est classique : les projets familiaux autour des maisons s’accélèrent traditionnellement au printemps. Il reflète par ailleurs la contrainte financière croissante des ménages, qui privilégient des biens moins coûteux à l’achat comme à l’entretien.

Évolution de la demande, de l'offre et des transactions au T1 2026

L’offre se renouvelle-t-elle suffisamment ?

Face à la demande, l’offre accélère nettement. Elle progresse de +9 % au niveau national en trois mois. Paris enregistre la hausse la plus forte avec +11 %, suivie des régions à +9 %. L’Île-de-France, en revanche, ne progresse que de +4 %.

Le retour des vendeurs sur le marché

Ce renouvellement de l’offre traduit un changement de posture chez les vendeurs. Après une longue période d’attentisme, ils intègrent désormais le retour des acquéreurs et l’accessibilité des financements. Ils remettent ainsi leurs biens sur le marché. Le rééquilibrage est plus net sur les appartements (+11 %) que sur les maisons (+6 %). Ces dernières mobilisent des enveloppes financières plus importantes et restent, dès lors, plus sensibles aux variations conjoncturelles.

Les petites surfaces restent sous tension

Les biens familiaux reviennent sur le marché. Les petites surfaces, en revanche, demeurent sous tension. Les primo-accédants et les investisseurs — même si ces derniers avancent avec davantage de retenue — maintiennent en effet une pression constante sur ce segment.

Les transactions suivent-elles la même dynamique ?

C’est l’un des paradoxes de ce premier trimestre. Malgré le retour à l’équilibre entre offre et demande, le volume de compromis de vente n’accélère pas. Il progresse de seulement +2 % au niveau national : +2 % à Paris, stable en Île-de-France, +3 % en régions.

Des acquéreurs qui prennent leur temps

Les prises de décision s’allongent. Les acquéreurs comparent les offres, négocient les prix et sécurisent leur financement bancaire. Ils intègrent par ailleurs l’ensemble des coûts dans leur budget : travaux de rénovation, factures énergétiques, fiscalité locale. À Paris, la dynamique est particulièrement contrastée. L’offre s’est fortement étoffée, la demande progresse, pourtant le volume de compromis de vente ne suit pas au même rythme. Le rééquilibrage offre/demande tarde ainsi à se transformer en activité immobilière concrète.

Le profil des acquéreurs évolue

La structure du marché se recompose subtilement. Les secundo-accédants renforcent leur position : ils représentent désormais 49 % des transactions, contre 48 % fin 2025. Les primo-accédants reculent légèrement à 34 %, contre 35 % auparavant. La part des investisseurs reste, elle, stable à 17 %. La légère remontée des taux à 3,25 % pèse en effet sur les profils les plus contraints financièrement, en particulier les primo-accédants.

Profil des acquéreurs au T1 2026
Profil des acquéreurs au T1 2026

Les prix immobiliers sont-ils encore orientés à la hausse ?

Après une progression de +1,8 % en 2025, les prix poursuivent leur stabilisation. Au premier trimestre 2026, ils progressent de +0,5 % au niveau national, tous logements confondus. Cette hausse modérée confirme que le marché immobilier au 1er trimestre 2026 ne connaît pas de dérapage inflationniste.

Paris et les régions dynamiques tirent vers le haut

À Paris, la hausse atteint +0,7 %, portant le prix moyen à 9 707 €/m². Onze arrondissements dépassent ce seuil, le centre et l’Ouest parisien en tête. En régions, les prix progressent de +0,9 % à 2 494 €/m² en moyenne. Bordeaux (+1,3 %), Lille (+1,1 %), Biarritz (+1,9 %) et Rouen (+0,9 %) affichent ainsi les hausses les plus nettes.

Des marchés locaux encore en ajustement

À l’inverse, plusieurs marchés cherchent encore leur équilibre. L’Île-de-France recule légèrement de -0,4 % à 3 965 €/m². Strasbourg (-1,2 %), Brest (-1,4 %), Marseille (-0,7 %), Nice (-0,4 %) et Rennes (-0,5 %) illustrent des marchés toujours en phase d’ajustement. Lyon reste néanmoins stable à +0,3 %, Toulouse à 0 %.

Marché immobilier au 1er trimestre 2026 par ville

Les délais de vente et les négociations : quels signaux pour les vendeurs ?

Les délais de vente s’allongent. C’est l’un des indicateurs les plus révélateurs du marché immobilier au 1er trimestre 2026. Au niveau national, ils atteignent 103 jours, soit +5 jours en trois mois. Paris affiche 82 jours (+3 jours), l’Île-de-France 106 jours (+8 jours), les régions 107 jours (+7 jours). Les acquéreurs prennent davantage de temps pour comparer, analyser et décider.

La négociation devient la règle

Les marges de négociation repartent à la hausse. Elles atteignent 5,1 % au niveau national, contre 4,5 % fin 2025. Paris affiche 3,4 % contre 3 %, l’Île-de-France 5,1 % contre 4,4 %, les régions 5,4 % contre 4,7 %. Aujourd’hui, 8 transactions sur 10 font l’objet d’une négociation. Ce qui était encore une pratique ciblée fin 2025 est ainsi devenu généralisé. Les acquéreurs abordent dès lors le marché avec davantage d’exigence.

Les délais de vente et les négociations : quels signaux pour les vendeurs ?

Les passoires thermiques, premières victimes

Pour les logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE), les marges de négociation peuvent être largement majorées. Les acquéreurs intègrent d’emblée le coût des travaux de rénovation énergétique dans leur offre d’achat, parfois plusieurs dizaines de milliers d’euros. Les écarts sont par ailleurs plus marqués sur les maisons (5,7 %) que sur les appartements (4,1 %).

Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt, résume la situation : « Le marché immobilier confirme son redressement. Les fondamentaux sont là : des acquéreurs motivés, des vendeurs présents, des taux encore contenus. Mais le contexte global pèse sur la confiance : hausse du coût de la vie, incertitudes économiques et géopolitiques. Les Français avancent, mais avec prudence. Chaque projet est analysé, chaque décision pesée. Le marché offre aujourd’hui un terrain de négociation plus équilibré, où les acquéreurs prennent leur temps et les vendeurs se mettent au diapason. »

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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