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​Logiciel métier et IA : les bons réflexes pour les gestionnaires immobiliers

​Logiciel métier et IA : les bons réflexes pour les gestionnaires immobiliers

L’intelligence artificielle bouleverse tous les secteurs, y compris celui de la gestion immobilière. Mais face à cette révolution technologique, beaucoup de gestionnaires et de syndics se sentent dépassés. Que faire quand on se retrouve perdu devant son logiciel de gestion face à l’IA ? C’est la question qu’Isabelle Dahan pose à Samuel Essaka Ekedi, directeur du développement de Vilogi, dans ce nouvel épisode d’Allô l’Expert. Son message est clair : il ne faut pas confondre les usages. L’IA au quotidien, l’automatisation des processus et le logiciel métier sont trois réalités distinctes. Cette distinction est la clé pour avancer sereinement.


Sommaire :


L’IA dans la gestion immobilière : trois niveaux à ne pas confondre

Usage personnel, processus et logiciel métier : trois réalités distinctes

Face à l’IA, la confusion est fréquente. Samuel Essaka Ekedi le rappelle d’emblée : il existe trois niveaux d’usage bien distincts, et les mélanger est la première erreur à éviter.

Le premier niveau est l’usage quotidien : répondre à un mail plus vite, synthétiser un document, structurer une réflexion. Des outils comme ChatGPT ou Copilot illustrent parfaitement ce registre. Le deuxième niveau concerne l’automatisation des processus internes : traitement des relances, gestion des impayés, archivage automatique des documents. Ce chantier de transformation numérique est déjà engagé depuis des années dans les cabinets de gestion de copropriété. L’IA lui ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives. Le troisième niveau, enfin, est celui du logiciel métier. C’est précisément ce dernier qui préoccupe le plus les gestionnaires et les syndics de copropriété.

Pourquoi cette confusion pose problème

L’administration de biens est avant tout un métier de service. La digitalisation ne change pas cette réalité : chaque coût non justifié pèse directement sur la rentabilité. Or, le secteur évolue dans un cadre réglementaire exigeant. La loi Hoguet du 2 janvier 1970 encadre les activités de gestion immobilière. La loi ALUR du 24 mars 2014 est venue renforcer ces obligations, notamment en matière de transparence et de gestion comptable des copropriétés.

L'IA dans la gestion immobilière : trois niveaux à ne pas confondre

Dans ce contexte, vouloir tout « redesigner » sous prétexte que l’IA est arrivée, c’est prendre le problème à l’envers. Samuel Essaka Ekedi le formule clairement : ce serait comme demander à un éditeur de recoder entièrement un logiciel parce qu’une nouvelle version de langage informatique est disponible. Ce qui compte, c’est d’identifier les fonctionnalités manquantes et d’interpeller son éditeur en conséquence.

Logiciel métier et IA : quel est le bon réflexe ?

Faire confiance aux éditeurs spécialisés

Le logiciel métier n’est pas un terrain d’expérimentation. Il est lié à des obligations légales, à des risques opérationnels et à des risques de bugs. Samuel Essaka Ekedi est direct : « Il ne faut pas se sentir perdu face à l’IA intégrée à son logiciel : il y a des professionnels dont c’est précisément le métier de s’en occuper. »

Ce travail appartient aux éditeurs spécialisés. Un logiciel de gestion de copropriété doit intégrer des évolutions réglementaires précises : le décret du 26 mars 2015 sur la dématérialisation des documents, ou encore les obligations issues de la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 sur le plan pluriannuel de travaux. Seul un éditeur métier maîtrise pleinement ces impératifs. Ce n’est pas le rôle du gestionnaire de s’en charger.

Poser les bonnes questions à son éditeur

Le bon réflexe n’est donc pas de tout remettre en cause. C’est d’interpeller son fournisseur : quelles fonctionnalités liées à l’IA sont déjà disponibles ? Lesquelles sont en cours de développement ? Si un éditeur ne répond pas aux attentes, d’autres acteurs sont disponibles sur le marché.

Comme le souligne Samuel Essaka Ekedi : « Ce que les professionnels doivent dire à leur éditeur métier, c’est très simple : il y a des fonctionnalités que je vous demande depuis longtemps et que vous ne proposez pas. Avec l’arrivée de l’IA, est-ce qu’on peut enfin les mettre en place ? » Le logiciel métier et l’IA peuvent avancer ensemble. Encore faut-il que l’éditeur joue pleinement son rôle — et que le gestionnaire formule clairement ses besoins.

Piloter son activité avant d’investir dans l’IA

Le tableau de bord : un exemple concret avec Vilogi

Vilogi illustre concrètement ce que le logiciel métier et l’IA peuvent produire ensemble. La solution propose un tableau de bord de pilotage qui permet à chaque syndic d’identifier, parmi son portefeuille, les immeubles les plus stratégiques pour son développement.

Samuel Essaka Ekedi détaille : « Aujourd’hui, j’ai un portefeuille de 100 immeubles. Sur ces 100, il y en a peut-être 30 que je ne souhaite pas conserver. Plutôt que de surinvestir du temps à répondre à des mails qui ne devraient même pas arriver, je préfère commencer par me séparer de ces immeubles. » Résultat : en se concentrant sur les mandats rentables, le gestionnaire augmente immédiatement sa rentabilité sans ajouter de coût. C’est l’intelligence opérationnelle au service de la stratégie d’entreprise.

Piloter d’abord, investir ensuite

Samuel Essaka Ekedi pose une priorité sans ambiguïté : avant d’investir dans de nouveaux outils, il faut d’abord piloter son activité. Pour un syndic de copropriété, les questions sont concrètes. Tous les appels de fonds ont-ils été émis ? Quel est le niveau d’impayés ? Les relances sont-elles à jour ?

Ces fondamentaux trouvent des réponses dans un logiciel métier bien utilisé. Le décret du 14 mars 2005 impose une comptabilité en partie double et des appels de fonds trimestriels. Un logiciel métier performant garantit le respect de ces obligations tout en offrant une visibilité en temps réel. L’IA vient ensuite amplifier cette intelligence opérationnelle — elle ne la remplace pas. « Rendons notre outil métier intelligent avant d’aller vers l’intelligence artificielle », résume Samuel Essaka Ekedi. Une formule qui dit l’essentiel.

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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