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Vie pratique

​Déménagement en France : inflation et prix freinent la mobilité des Français en 2026

​Déménagement en France : inflation et prix freinent la mobilité des Français en 2026

44 % des Français ayant un projet de déménagement en France ont dû le reporter ou y renoncer en 2026. C’est le chiffre clé du Baromètre Nextories, réalisé par Ipsos Digital auprès de 1 000 personnes. Inflation, prix de l’immobilier et pénurie de logements forment un triple verrou. Pourtant, la mobilité résidentielle ne s’effondre pas : elle se réinvente. Les Français arbitrent, s’ajustent, et intègrent désormais le risque climatique dans leurs critères de destination. Bienvenue dans l’ère du déménagement contraint.


Sommaire :


À retenir — Déménagement en France en 2026 : ce que le Baromètre Nextories révèle

  • 44 % des projets de déménagement en France ont été reportés ou abandonnés en 2026.
  • L’inflation est devenue le premier frein à la mobilité résidentielle, devant les prix de l’immobilier.
  • L’exode urbain post-Covid est terminé : les départs depuis Paris ont chuté de 41 % entre 2022 et 2025.
  • 68 % des Français intègrent désormais le risque d’inondation dans le choix de leur destination.
  • La formule transport domine avec 73 % des déménagements : les Français font au strict minimum.

Pourquoi le déménagement en France est-il de plus en plus difficile en 2026 ?

Le contexte économique freine directement la mobilité résidentielle des Français. Le Baromètre 2026 Nextories/Ipsos le confirme : 44 % des Français ayant un projet de déménagement en France ont dû le modifier à cause de la conjoncture. Parmi eux, 28 % l’ont reporté. 16 % y ont purement renoncé. Ces proportions restent stables par rapport au baromètre 2025.

La précarité résidentielle s’installe ainsi dans la durée. On parle désormais de mobilité empêchée — par opposition à la mobilité choisie qui structurait les parcours résidentiels d’avant la crise.

L’inflation supplante désormais le marché immobilier comme premier frein

La hausse du coût de la vie s’impose comme le facteur structurant numéro un. 58 % des répondants la citent en 2026, contre 51 % un an plus tôt, soit une progression de 7 points. Elle devance désormais les prix de l’immobilier (42 %), la pénurie de logements à la location (27 %), le coût du déménagement jugé trop élevé (21 %) et la hausse des taux d’emprunt (19 %).

Pourquoi le déménagement en France est-il de plus en plus difficile en 2026 ?

Ce basculement est significatif. Jusqu’en 2025, les contraintes immobilières dominaient. Or, c’est désormais la réalité du quotidien — alimentation, énergie, charges — qui érode la capacité de mobilité des ménages. En conséquence, le déménagement en France devient un arbitrage financier critique. Les ménages le repoussent au même titre qu’un achat de véhicule ou des travaux.

Les jeunes et les Franciliens restent les plus mobiles

La pression économique ne touche pas tous les profils de la même façon. Les 18-24 ans restent les plus mobiles : 23 % veulent déménager de manière certaine dans les 12 prochains mois, et 24 % probablement.

La région parisienne affiche également une capacité de projection plus élevée. 10 % de ses habitants se déclarent certains de déménager, contre 7 % en moyenne nationale. Ces deux catégories — jeunes adultes en transition et Franciliens sous forte pression immobilière — portent ainsi l’essentiel de la demande résidentielle.

Les Français planifient-ils encore leur déménagement en France ?

La tendance de fond est claire : les Français ne planifient plus leur mobilité. Ils réagissent. Le déménagement en France cesse d’être un projet de vie anticipé. Il devient une réponse à des contraintes ou opportunités immédiates — professionnelles, familiales ou économiques.

Du déménagement choisi au déménagement contraint

La motivation « raisons personnelles » reste le premier motif déclaré pour concrétiser un déménagement dans les 12 prochains mois (37 %). Pourtant, elle recule nettement. Elle représentait 53 % des réponses en 2025, soit une chute de 16 points en un an.

Autrement dit, le déménagement « choisi » s’affaiblit. Les données terrain de Nextories le confirment : la formule « transport », limitée au seul transport des biens, représente près de 73 % des options retenues en 2025. Les Français déménagent, certes — mais au strict minimum budgétaire.

Les autres motivations déclarées restent stables. La recherche d’un logement plus grand ou mieux adapté mobilise 34 % des répondants. L’envie d’un environnement plus agréable suit à 30 %, devant les raisons professionnelles (24 %) et la recherche d’un logement plus abordable (22 %). En revanche, la relance du marché immobilier ne convainc que 11 % des répondants. Peu de Français attendent une baisse des prix pour passer à l’acte.

Les Français planifient-ils encore leur déménagement en France ?

Les chiffres Nextories confirment la contraction

Les données internes de Nextories couvrent plus de 200 000 projets pris en charge entre 2022 et 2025. Elles apportent une lecture terrain précieuse. La surface moyenne des logements déménagés atteint 65,34 m² en 2024, en progression de 3,31 % sur un an. Le cubage moyen s’établit à 30,98 m³ en 2025, soit +0,91 %. La distance moyenne parcourue progresse également : 278,8 km, en hausse de 3,17 %. La mobilité s’étire donc géographiquement. Elle reste néanmoins économiquement contrainte.

Par ailleurs, le déménagement groupé — solution plus économique et plus écologique — progresse de 8 % entre 2024 et 2025 chez Nextories. Ce choix traduit directement la pression que subissent les budgets des ménages.

L’exode urbain post-Covid est-il vraiment terminé en France ?

L’un des enseignements les plus marquants du Baromètre 2026 porte sur la géographie du déménagement en France. Le mouvement massif de départ des grandes métropoles, enclenché pendant la période Covid, s’essouffle nettement. Les grandes villes retrouvent leur attractivité. L’exode urbain appartient désormais au passé.

L'exode urbain post-Covid est-il vraiment terminé en France ?

Paris et les grandes métropoles retrouvent leur équilibre

Paris illustre parfaitement ce retournement. La part des départs depuis la capitale est passée de 17,44 % en 2022 à 10,28 % en 2025, soit une baisse de 41 % en trois ans. Or entre 2024 et 2025, cette baisse ne représente plus que 9 % : la courbe se stabilise. Du côté des arrivées, Paris a certes perdu 35 % de sa part de nouveaux arrivants depuis 2022. Néanmoins, le recul ne dépasse plus 6 % entre 2024 et 2025.

Le même phénomène s’observe dans les autres grandes métropoles. Les départs depuis la Gironde (33) ont baissé de 20 % entre 2022 et 2025, puis seulement de 5 % entre 2024 et 2025. Le Rhône (69) suit une trajectoire similaire : -9 % entre 2022 et 2024, puis stabilisation en 2025.

Le Sud : attractif mais instable

Le Sud de la France présente un profil particulier. Il reste très attractif. Pourtant, il devient une zone de rotation plutôt qu’un territoire d’ancrage durable. Les Bouches-du-Rhône (13) affichent une hausse de 60 % de la part des départs depuis 2022. L’Hérault (34) enregistre +31 % en un an. Les Alpes-Maritimes progressent de +16 %. On s’y installe moins durablement qu’auparavant.

Dès lors, les flux intra-régionaux reculent dans plusieurs départements. Ils perdent 4,5 points dans les Bouches-du-Rhône (désormais à 46,5 %) et 5 points en Gironde (sous la barre des 50 %). Les habitants qui quittent les Bouches-du-Rhône privilégient le Var (83) et Paris (75). Ceux qui quittent la Gironde se dirigent vers Paris (75) et les Landes (40). Le Sud devient ainsi une étape dans des parcours résidentiels de plus en plus fragmentés : attractivité forte à l’entrée, ancrage territorial fragile.

Le risque climatique influence-t-il désormais le choix du lieu de déménagement en France ?

Au-delà des contraintes économiques, un nouveau critère s’impose dans les décisions de mobilité résidentielle : le risque environnemental. Le Baromètre 2026 l’établit sans ambiguïté.

Les inondations, première préoccupation nationale

68 % des répondants accordent une haute importance aux inondations dans le choix de leur destination. Suivent les incendies (57 %), la pollution de l’eau (53 %), la pollution de l’air (53 %), la canicule (44 %) et l’érosion (41 %). Ces chiffres témoignent d’une prise de conscience réelle. Le logement ne représente plus seulement un lieu de vie. Il devient un espace de protection face aux aléas climatiques.

Les inondations, première préoccupation nationale

Des perceptions qui varient selon les territoires

Les écarts régionaux confirment que la sensibilité au risque varie selon le territoire vécu. Dans la région Nord, les inondations recueillent 76 % de notes maximales — la proportion la plus élevée du pays. Sur le pourtour méditerranéen, 62 % des répondants placent les incendies en tête. Dans le Sud-Est, 56 % accordent la priorité à la canicule.

Ces données redessinent progressivement la carte de l’attractivité résidentielle en France. Le risque climatique s’intègre désormais dans les arbitrages de mobilité au même titre que les prix ou la qualité de vie.

Que disent les professionnels du déménagement en France sur l’état du marché ?

Nextories a mené en mars 2026 une enquête complémentaire auprès de 69 déménageurs professionnels partenaires. Elle apporte un éclairage terrain indispensable sur les mutations du secteur.

Un secteur sous pression des coûts

65,2 % des professionnels citent la hausse des prix des matières premières — carburant, cartons — comme le principal facteur qui pèse sur leur activité. L’instabilité politique et géopolitique arrive en deuxième position, mentionnée par 40,6 % d’entre eux. Le travail dissimulé préoccupe par ailleurs 34,8 % des répondants. Il traduit une concurrence perçue comme déloyale dans un marché sous tension.

Des entreprises qui s’adaptent

Face à ces pressions, 46,4 % des entreprises ont engagé des ajustements stratégiques pour maintenir leur activité — lancement de nouveaux services, repositionnement tarifaire, diversification. Toutefois, 36,2 % des déménageurs expriment des réserves quant à l’évolution du marché à 12 mois. Le secteur s’adapte à une clientèle plus attentive au prix, plus encline à arbitrer ses dépenses, et qui choisit massivement la formule transport au détriment des prestations complètes.

Julien Bardet, CEO de Nextories, résume cette mutation : “ le déménagement en France révèle les transformations économiques, sociales et territoriales du pays. Les Français n’ont pas renoncé à la mobilité résidentielle. Ils l’abordent différemment — plus contraints, plus stratégiques. La France entre dans une nouvelle phase de mobilité : plus fragmentée, plus mouvante.”

Isabelle DAHAN

Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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