Crise du logement neuf : un besoin urgent de relance

Crise du logement neuf : un besoin urgent de relance

Ce deuxième trimestre est lourd de menaces, tant sur l’offre que sur la demande. En rupture avec les relances passées, le plan du Gouvernement laisse de côté le logement neuf. C’est une erreur, car la construction répond à la pénurie de logement. Tribune d’Alexandra François-Cuxac, Présidente de la FPI France.

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La crise du logement neuf s’accentue

L’épidémie n’a fait qu’accentuer une crise installée dès 2019. Ce trimestre marqué par un mois et demi de confinement, a fortement paralysé la chaîne de production en même temps que les ventes.

En effet, ce trimestre est lourd de menaces, tant sur l’offre que sur la demande. La crise est bien là. Pourtant, nous avons le sentiment que sa gravité n’est pas comprise. À bas bruit, on installe peu à peu le secteur du logement neuf dans un modèle décroissant. C’est le plus sûr moyen d’aggraver la pénurie de logements, y compris sociaux, et de retarder l’émergence de la ville durable dont nous avons besoin.

Ainsi, côté offre, les mises en vente avaient déjà baissé de 15 % entre 2018 et 2019. Elles ont littéralement plongé au premier semestre (- 46,7 %). Le deuxième trimestre est particulièrement faible (- 53,8 %).

Les élections municipales, la tentation de la décroissance et, plus récemment, l’épidémie, conduisent à une raréfaction des logements neufs, qui se reflète dans les prix de vente (+3,2 %). La situation est grave et le risque de pénurie avéré.

La vente de logement neuf en forte baisse

Côté demande, les ventes au détail avaient déjà diminué de 5 % au quatrième trimestre 2019. Elles ont très durement subi les effets du confinement, avec une baisse de 37,6 % au premier semestre.

vente de logement neuf

 

Notons que c’est l’investissement locatif qui souffre plus (- 54,7 %) que l’accession à la propriété (- 48,2 %). La peur de l’avenir pèse lourdement sur la confiance des ménages. Toutefois, les achats en blocs opérés par quelques grands opérateurs tempèrent cet effondrement. Pour autant, cela reste une réponse temporaire et partielle aux difficultés sur lesquelles la Fédération des Promoteurs Immobiliers de France (FPI) alerte depuis plusieurs mois.

Le plan de relance annoncé ne suffira pas

En rupture avec les relances passées, le plan du Gouvernement laisse de côté l’immobilier neuf, qui ne reçoit qu’un dixième des moyens fléchés vers la rénovation. De plus, ces aides sont complexes et de moyen terme. C’est une erreur, car la construction répond à la pénurie de logement. Plus globalement, le secteur du bâtiment alimente la croissance et accélère la transition écologique.

La rénovation est nécessaire, mais elle ne crée pas un logement de plus, pas plus qu’elle ne permet de faire émerger « la ville du quart d’heure ».

Le plan de relance appelle donc des compléments urgents. Aussi, le discours doit redevenir volontariste. En cela, on attend une action résolue du Gouvernement en matière de simplification et de digitalisation de l’urbanisme. De plus, il faut proroger et développer les outils de solvabilisation des acquéreurs qui ont fait leurs preuves. On pense à la réduction d’impôt Pinel et au PTZ.

L’avenir de la construction est très sombre et, si rien n’est rapidement entrepris pour que de nouveaux projets voient le jour, les résultats de 2021 seront très mauvais. Ne reproduisons pas les erreurs des années 80, quand nous construisions moins de 100 000 logements collectifs par an. Car, nous en payons encore le prix !

Le neuf n’est pas un problème, c’est une solution, pour loger les Français et leur donner le cadre de vie sain, confortable et durable auquel ils aspirent.

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