96% des propriétaires français refusent qu’on leur impose leur mode de chauffage. C’est l’un des enseignements les plus frappants du sondage Ifop réalisé pour Coénove en février 2026, auprès de 1 094 propriétaires représentatifs. Alors que le gouvernement travaille sur un plan d’électrification des bâtiments, les Français affichent des priorités claires : sobriété, isolation, mix énergétique diversifié et liberté dans le choix du chauffage. Le gaz vert séduit, les systèmes hybrides intriguent, mais l’instabilité réglementaire freine le passage à l’acte. Qui influence vraiment les décisions des ménages ? Et quelle transition énergétique les Français sont-ils prêts à accepter ?
À retenir – Choix du chauffage : ce que veulent vraiment les Français
- 96 % des propriétaires veulent choisir librement leur mode de chauffage.
- L’isolation passe avant tout changement de système pour 75 % des Français.
- Le biogaz affiche une image positive auprès de 89 % de ceux qui le connaissent.
- L’instabilité des aides publiques pousse 71 % des propriétaires à reporter leurs travaux.
- 52 % trouvent les systèmes hybrides intéressants, mais 56 % ne les connaissent pas encore.
Sommaire :
- Choix du chauffage : que révèle le sondage Ifop/Coénove 2026 ?
- Le gaz vert : une énergie qui correspond aux attentes des Français ?
- Les systèmes hybrides : un potentiel sous-exploité pour le choix du chauffage
Choix du chauffage : que révèle le sondage Ifop/Coénove 2026 ?
Le rapport d’étude Ifop pour Coénove paraît en février 2026. Il dresse un portrait précis des attentes des propriétaires français en matière de chauffage. L’enquête se déroule du 28 janvier au 3 février 2026. Elle interroge 1 094 propriétaires représentatifs, redressés selon le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle et la région. Les résultats dessinent une vision pragmatique. Les Français se montrent attachés à leur liberté. Ils affichent en revanche une méfiance marquée envers les injonctions institutionnelles.
Sobriété et isolation : les vrais leviers avant le changement de système
75 % des Français veulent prioriser l’isolation avant tout changement de système de chauffage. La logique est simple : réduire les consommations avant de changer de technologie. Plus de 70 % considèrent d’ailleurs que la sobriété constitue la première action environnementale. En conséquence, l’isolation arrive en tête des travaux envisagés à court terme. 49 % des répondants la citent en priorité. Le changement d’équipement de chauffage ne suit qu’à 35 %.

Or, l’instabilité réglementaire paralyse le passage à l’acte. 71 % des propriétaires déclarent que les changements réguliers des dispositifs d’aides — MaPrimeRénov’, CEE — les incitent à attendre avant d’engager des travaux. Les aides financières ne convainquent qu’à moitié. 58 % les perçoivent positivement. Pourtant, seuls 13 % en ont une image très positive. Dès lors, la rénovation énergétique avance au ralenti. Non par manque de conscience environnementale, mais par défiance envers un cadre normatif instable.
« Ce sondage illustre une réalité souvent absente du débat public : les Français abordent la transition énergétique de manière pragmatique. Leur priorité est d’abord de réduire leurs consommations, notamment grâce à l’isolation, avant d’envisager un changement de technologie, sans renoncer à leur liberté de choix. » — Jean-Charles Colas-Roy, Président de Coénove.
Le choix du chauffage : une liberté non négociable pour les propriétaires
96 % des propriétaires jugent important de pouvoir choisir librement leur équipement de chauffage. Ce résultat s’oppose frontalement à toute logique d’imposition technologique. En maison individuelle, ce chiffre monte à 98 %. Parmi les plus de 65 ans, 63 % le jugent même très important.
Par ailleurs, 64 % des répondants ne changeraient leur chauffage qu’en cas de panne ou de fin de vie. Certains préfèrent le réparer plutôt que le remplacer. Seulement 18 % envisagent un remplacement proactif pour des raisons de performance énergétique. Autrement dit, le choix du chauffage reste largement réactif. Il obéit à la nécessité plutôt qu’à l’incitation publique.

Les critères de sélection confirment cette orientation pragmatique. Le montant de la facture d’énergie arrive en tête. 59 % des répondants le citent. Le coût total d’investissement suit à 52 %. Les critères environnementaux progressent néanmoins. 65 % intègrent au moins un critère environnemental dans leur décision. 47 % citent en particulier la performance énergétique.
Qui influence le choix du chauffage des Français ?
L’installateur ou chauffagiste reste l’interlocuteur de référence. 58 % des propriétaires le consultent en priorité pour leur choix du chauffage. Les fournisseurs d’énergie suivent à 27 %. Les proches arrivent en troisième position à 24 %. En revanche, les recommandations des pouvoirs publics ne recueillent que 17 % des citations. Ce résultat traduit une fracture nette entre les discours institutionnels et les pratiques de terrain.
Ce constat se vérifie dans toutes les catégories. Chez les plus de 65 ans, la confiance envers l’installateur atteint 68 %. Les moins de 35 ans se tournent davantage vers leurs proches, à 45 %. En résumé, le choix du chauffage reste une décision guidée par la proximité et la confiance. Les campagnes de communication publique n’y changent pas grand-chose.
Le gaz vert : une énergie qui correspond aux attentes des Français ?
Une image très positive, des atouts encore trop peu connus
Le biogaz — ou gaz vert — bénéficie d’une image positive auprès de 89 % des Français qui le connaissent. Il se positionne ainsi dans le top 3 des énergies les mieux perçues, derrière la géothermie (91 %) et l’hydraulique (90 %), et bien devant le nucléaire (64 %). Pourtant, sa notoriété reste limitée. Seuls 57 % des répondants déclarent connaître le biogaz. À titre de comparaison, le gaz naturel atteint 85 % et le bois 88 %.

Les qualités que lui attribuent les Français rejoignent leurs aspirations profondes : énergie locale, renouvelable, issue du recyclage des déchets. Plus de 80 % des répondants reconnaissent ces caractéristiques. Toutefois, des lacunes persistent. 40 % ignorent encore que le gaz vert s’utilise sans changer les équipements existants. 38 % ne savent pas qu’il s’injecte dans le réseau de distribution actuel. Ce déficit de connaissance freine une adoption plus large.
Un intérêt fort pour l’offre de gaz vert
78 % des propriétaires français se déclarent intéressés par une offre de gaz vert. Parmi les utilisateurs actuels de gaz, 86 % accepteraient de changer de contrat à conditions équivalentes. Les motivations sont claires. 61 % souhaitent réduire leur impact environnemental. 60 % veulent favoriser une énergie produite localement en France. Par ailleurs, 52 % cherchent à réduire leur dépendance aux importations d’énergies fossiles. Enfin, 49 % souhaitent conserver leurs équipements au gaz sans travaux supplémentaires.
Mix énergétique et souveraineté : une exigence quasi unanime
94 % des Français veulent que l’énergie consommée en France y soit produite. Cette même proportion refuse toute dépendance à une source unique. 89 % considèrent que la production d’énergie à partir du recyclage des déchets doit devenir une priorité nationale. Ces chiffres valident l’approche multi-énergies défendue par Coénove. L’association milite pour un mix pluriel intégrant gaz vert, biomasse et solutions hybrides.
La biomasse occupe une place centrale dans ce débat. 43 % des Français veulent orienter en priorité l’énergie issue de la biomasse locale vers le chauffage des logements. 32 % la destinent à l’industrie. Les plus de 65 ans sont encore plus favorables au chauffage résidentiel, à 51 %.
Les systèmes hybrides : un potentiel sous-exploité pour le choix du chauffage
Une méconnaissance persistante malgré un intérêt réel
Seuls 44 % des propriétaires déclarent connaître les systèmes de chauffage hybrides. Or, 52 % les trouvent intéressants dès qu’on les leur présente. Ce paradoxe illustre un potentiel inexploité. L’intérêt existe. La visibilité, en revanche, manque. Chez les moins de 35 ans, le taux d’intérêt monte à 63 %. Parmi les CSP+, il atteint 49 %.
La pompe à chaleur hybride associe une PAC électrique à une chaudière gaz. Elle bascule automatiquement d’une source à l’autre selon les conditions extérieures. Elle répond directement aux attentes des ménages. 50 % des répondants intéressés citent les économies d’énergie comme motif principal. 47 % valorisent la bascule automatique en cas de panne. 42 % apprécient le confort en toute saison. 40 % retiennent la souplesse de choisir entre électricité et gaz selon le prix.
Un tiers des propriétaires prêts à passer à l’hybride
36 % des propriétaires envisagent de s’équiper d’un système hybride. Ce chiffre monte à 49 % chez les moins de 35 ans, à 46 % chez les CSP+, et à 50 % dans les foyers de quatre personnes et plus. Pour un équipement encore peu connu, ce taux d’intention reste significatif. Il confirme que les solutions multi-énergies s’inscrivent dans la logique pragmatique des ménages français. Maximiser le confort, réduire les coûts, préserver la liberté dans le choix du chauffage : tels sont leurs arbitrages.
« Le développement du gaz vert et des solutions hybrides s’inscrit pleinement dans cette logique : celle d’une transition énergétique réaliste, fondée sur la complémentarité des énergies, la sobriété et la production locale. Ce sondage confirme que la décarbonation ne peut se résumer à la seule électrification et que les Français souhaitent conserver une liberté de choix pour leurs équipements de chauffage et une approche multi-énergies de la transition énergétique dans le secteur des bâtiments. » — Jean-Charles Colas-Roy, Président de Coénove.

