Dans cette interview, Samuel Essaka Ekedi, directeur du développement chez Vilogi, présente les ambitions d’un éditeur de logiciel de gestion syndic bien ancré dans le secteur de la copropriété. Acteur historique du marché, Vilogi accompagne aussi bien les syndics professionnels que les syndics bénévoles grâce à une plateforme pensée pour fluidifier les relations entre toutes les parties prenantes. Découvrez comment cette entreprise transforme les contraintes réglementaires en opportunités et place l’humain au cœur de sa vision.
Sommaire
- Pouvez-vous nous présenter Vilogi et sa mission sur le marché de la copropriété ?
- Comment les évolutions réglementaires influencent-elles votre logiciel de gestion syndic ?
- Quels sont les principaux défis de vos clients en 2026 ?
- Quelle place l’innovation occupe-t-elle dans votre stratégie ?
- Comment voyez-vous évoluer le métier de syndic ?
Pouvez-vous nous présenter Vilogi et sa mission sur le marché de la copropriété ?
Samuel Essaka Ekedi. Vilogi est un acteur historique — et bientôt, j’espère, presque institutionnel — du logiciel de gestion syndic. Nous éditons une plateforme qui regroupe deux solutions : l’une dédiée à la gestion de copropriété, l’autre à la gestion locative.
Dès le départ, notre vision a été différente. Nous avons choisi de ne pas nous concentrer uniquement sur ceux qui gèrent, mais sur la copropriété dans son ensemble. C’est pourquoi nous comptons à la fois des clients professionnels et des syndics bénévoles. En cas de rupture de contrat avec un syndic, les copropriétaires peuvent ainsi continuer à gérer leur immeuble eux-mêmes, sans interruption.
Notre idée directrice est claire : faciliter les relations entre toutes les parties prenantes — le syndic, le conseil syndical, les copropriétaires, les fournisseurs — de la manière la plus fluide possible. Ainsi, chaque année, nous enrichissons notre plateforme avec de nouvelles fonctionnalités du logiciel syndic de copropriété pour répondre à cette ambition.
« Vilogi, c’est bientôt un acteur institutionnel par son déploiement et son activité dans le milieu. Notre enjeu, c’est de rendre les relations entre syndics et copropriétaires les plus fluides possible. »
Comment les évolutions réglementaires influencent-elles votre logiciel de gestion syndic ?
Samuel Essaka Ekedi. Nous voyons ces évolutions comme des opportunités plutôt que comme des contraintes. Permettez-moi d’illustrer ce point avec un exemple concret.
Lorsque la loi Alur a rendu l’extranet obligatoire, nous l’avions déjà développé. Cet outil a représenté une vraie avancée : il a mis les habitants au cœur du système de gestion. Auparavant, les copropriétaires payaient sans vraiment comprendre ce qui se passait dans leur immeuble. Avec la transparence apportée par l’extranet, la situation s’est nettement améliorée.

Par ailleurs, les nouvelles obligations liées aux travaux, aux DPE collectifs ou au PPPT offrent une occasion précieuse. Elles nous poussent à aller plus loin dans l’automatisation de la gestion administrative. Dès que l’on intègre le règlement de copropriété dans notre outil, il sait automatiquement où classer chaque information, quelles alertes déclencher et quelles échéances surveiller. En cela, la technologie supprime une charge cognitive importante pour le gestionnaire.
« Pour moi, les évolutions réglementaires sont des opportunités. Elles nous permettent de faire un pas de plus dans l’automatisation, au bénéfice direct des syndics. »
Quels sont les principaux défis de vos clients en 2026 ?
Samuel Essaka Ekedi. Les syndics font face à un défi majeur : la technologie. Ce n’est pas leur cœur de métier, pourtant ils doivent naviguer entre une multitude d’outils, d’innovations et de promesses autour de l’intelligence artificielle.
Un métier exigeant, souvent mal compris
Il faut d’abord reconnaître une réalité : les syndics font un travail formidable. Gérer un immeuble, c’est être un véritable chef d’entreprise. Toutefois, la mauvaise presse qu’on leur fait — souvent alimentée par une minorité mécontente — nuit à la valorisation de ce métier.
La question du bon canal, avant celle du bon outil
Cela dit, leur défi quotidien reste concret. Un gestionnaire reçoit jusqu’à 300 mails par jour. La tentation est grande de vouloir tout automatiser par l’IA. Or, la vraie question n’est pas de savoir comment traiter ces mails plus vite, mais de se demander si le mail est encore le meilleur canal de communication avec les copropriétaires. Des outils permettent aujourd’hui de pré-qualifier les demandes en amont, comme un service client téléphonique moderne. En effet, utiliser l’IA pour gérer des mails mal qualifiés, c’est résoudre le mauvais problème.
Choisir le bon logiciel de gestion syndic : les bons critères
Ainsi, notre rôle est d’aider les syndics à poser les bonnes questions : de quel outil ai-je vraiment besoin ? Est-il évolutif ? Permet-il de s’interconnecter avec ma banque, mes prestataires, mon assureur ? Y a-t-il un interlocuteur humain disponible quand ça ne va pas ?
Quelle place l’innovation occupe-t-elle dans votre stratégie ?
Samuel Essaka Ekedi. L’innovation chez Vilogi répond toujours à un besoin concret. Il y a trois ans, nous avons lancé une application mobile intégrée à notre logiciel de gestion syndic. Le raisonnement était simple : si les gens gèrent leur banque depuis leur téléphone, pourquoi pas leur copropriété ?
Une application mobile pour avoir sa copropriété au bout des doigts
Grâce à cette application, un copropriétaire peut contacter son syndic, signaler un incident ou consulter ses documents directement depuis son smartphone. Tout est centralisé au même endroit. Le déploiement reste lent, car les professionnels manquent de temps pour présenter ces outils à leurs clients. Néanmoins, ceux qui l’utilisent en voient immédiatement la valeur.
L’IA au service de la visite technique d’immeuble
En parallèle, nous travaillons sur plusieurs axes prioritaires. L’automatisation de la comptabilité reste notre chantier central : synchronisation bancaire, gestion des DPE collectifs, anticipation des obligations travaux. Nous développons aussi une application de visite technique d’immeuble enrichie à l’IA. Concrètement, le gestionnaire prend des photos lors de sa visite. L’outil analyse ces images, décrit les désordres constatés et permet de lancer une intervention directement depuis l’application. Le bureau est informé en temps réel. Voilà comment la technologie libère du temps humain.
Une plateforme collaborative sans rupture de charge
Par ailleurs, nous travaillons sur l’intégration avec les avocats en cas de contentieux, avec les assureurs, et avec l’ensemble des partenaires du syndic. L’objectif est clair : une plateforme collaborative sans rupture de charge, où tout est automatisé au maximum pour que le syndic se concentre sur l’essentiel — visiter ses immeubles, rencontrer ses copropriétaires, anticiper leurs besoins.
« Notre mantra, c’est de libérer l’humain des tâches à faible valeur ajoutée pour qu’il puisse être créatif, disponible et utile là où ça compte vraiment. »
Comment voyez-vous évoluer le métier de syndic ?
Samuel Essaka Ekedi. Le métier ne va pas disparaître, au contraire. La copropriété reste l’un des derniers espaces de vie collective, où les gens partagent des intérêts communs. Le syndic en est le chef d’orchestre. C’est un métier riche, mais sous-valorisé. Les jeunes diplômés préfèrent souvent la transaction immobilière, alors que gérer un immeuble, c’est piloter une petite entreprise.
Chez Vilogi, nous contribuons à rendre ce métier plus attractif. Moins de tâches administratives répétitives, plus de temps pour la relation client et la réflexion stratégique. C’est une relation de partenariat que nous construisons avec nos clients : quand un syndic a un problème avec notre outil, il peut appeler directement. Nous n’avons pas toujours la réponse immédiate, mais nous prenons le temps d’expliquer, d’accompagner. Et ça change tout.
Ainsi, nous avons migré cette année un cabinet gérant 20 000 lots sur notre plateforme. C’est le signe que Vilogi est prêt pour tous les profils, des petites structures aux cabinets de grande taille. En définitive, notre ambition reste la même depuis le début : que le syndic ait le temps d’exercer son métier dans les meilleures conditions possibles.
« Nous sommes leur partenaire, pas seulement leur éditeur. Deux entrepreneurs qui travaillent ensemble pour que la gestion de copropriété fonctionne le mieux possible. »
En somme, Vilogi s’impose comme un partenaire de confiance pour les syndics qui veulent tirer parti du numérique sans se perdre dans la complexité technologique. Son logiciel de gestion syndic évolue en continu, porté par une vision claire : libérer du temps humain pour mieux servir les copropriétaires. N’hésitez pas à contacter Vilogi pour découvrir comment leur plateforme peut transformer votre quotidien de gestionnaire.

