Et, si le regroupement de crédit devenait la clé pour débloquer la rénovation énergétique des copropriétés ? C’est la piste qu’explore Synergiec, AMO financier spécialisé, en lançant une offre dédiée à la solvabilisation des copropriétaires fragilisés. En parallèle, Meilleurtaux confirme dans une étude du 9 juin 2026 que ce marché repart à la hausse — avec un profil d’emprunteur profondément transformé. Deux signaux qui convergent vers un même constat : le rachat de crédits n’est plus une bouée de sauvetage. C’est devenu un outil d’optimisation patrimoniale.
Sommaire :
- Un marché en reprise, mais des volumes en recul
- Des emprunteurs qui changent de profil
- Le regroupement de crédit au service de la rénovation énergétique
- Un levier pour débloquer les votes en assemblée générale
À retenir — Regroupement de crédit en 2026
- Le marché du regroupement de crédit repart avec +15 % de dossiers financés sur un an.
- Le montant moyen financé s’établit à 54 000 €, en recul de 22 % par rapport au pic de 2022.
- Les emprunteurs sont plus aisés : les revenus moyens ont progressé de 29 % en six ans.
- Le taux d’endettement moyen avant regroupement est tombé à 41,9 % en 2025.
- Le rachat de crédits devient un levier pour financer la rénovation énergétique en copropriété.
Un marché en reprise, mais des volumes en recul
Une dynamique retrouvée après deux années difficiles
Le marché du regroupement de crédit a traversé une période difficile. Entre 2020 et 2022, il avait atteint un pic historique. Les taux d’intérêt étaient au plancher. Les ménages refinançaient leurs crédits en masse, dans des conditions très favorables. Puis tout s’est inversé. La remontée brutale des taux, amorcée en 2022 dans le sillage de la guerre en Ukraine, a provoqué une chute sévère des dossiers en 2023 et 2024.
Pourtant, la reprise est là. Chez Meilleurtaux, le nombre de dossiers financés progresse de près de 15 % sur un an. C’est un rebond significatif. Il ne doit toutefois pas masquer une réalité plus nuancée côté volumes.
Des montants moyens sous pression
Les montants financés racontent une autre histoire. En 2022, le montant moyen atteignait 69 800 €. En 2025, il tourne autour de 54 000 €. C’est un recul de plus de 22 % en trois ans, selon Meilleurtaux.
Pourquoi cette baisse ? Deux raisons principales. D’abord, les très gros crédits immobiliers ont déjà été rachetés lors de la période faste 2020-2022. Ce gisement est épuisé. Ensuite, les petits dossiers inférieurs à 30 000 € — essentiellement des crédits à la consommation — butent sur le taux d’usure. Concrètement : avec des taux plus élevés qu’avant, refinancer ces petits dossiers sans dépasser le plafond légal est devenu très difficile. Résultat, ces deux extrémités du marché reculent.
La montée en puissance des dossiers intermédiaires
Au milieu de ce tableau, un segment tire son épingle du jeu : les dossiers compris entre 50 000 et 100 000 €. Leur part a bondi de près de 50 % en cinq ans. Ce n’est pas un hasard. Ces montants correspondent à un nouveau type d’emprunteur — plus solvable, souvent propriétaire — qui peut absorber un refinancement même dans un contexte de taux plus élevés. C’est là que le marché se reconstruit.
Des emprunteurs qui changent de profil
Des revenus en forte hausse
C’est le changement le plus frappant. En 2020, les souscripteurs d’un regroupement de crédit gagnaient en moyenne 3 240 € par mois. En 2025, ce chiffre atteint 4 180 €. Une hausse de 29 % en six ans, selon Meilleurtaux. En clair : le profil type de l’emprunteur a radicalement changé.
Deux tendances expliquent ce glissement. D’un côté, les foyers modestes ont quasiment disparu du marché. Ils représentaient 17 % des souscripteurs il y a cinq ans. Ils n’en forment plus que 5 % aujourd’hui. De l’autre, les ménages aisés — avec plus de 5 000 € de revenus mensuels — ont plus que doublé leur présence : de 11 % à 24 % des dossiers. Le regroupement de crédit n’est plus réservé aux ménages en difficulté. Il attire désormais ceux qui cherchent à optimiser leur budget.
Les propriétaires, grands favoris des prêteurs
Les établissements prêteurs, eux aussi, ont durci leurs critères. Le chiffre est parlant : en 2025, les locataires déposent 62 % des demandes, mais n’obtiennent que 40 % des financements. À l’inverse, les propriétaires ne représentent que 38 % des demandes — et pourtant, ils décrochent 60 % des dossiers financés. Posséder un bien immobilier est devenu un critère déterminant. C’est une garantie concrète que les banques valorisent fortement.
Un taux d’endettement en recul
Au-delà du profil des emprunteurs, c’est la logique même du regroupement de crédit qui a changé. Autrefois, il servait surtout à éviter le surendettement. Aujourd’hui, il sert à optimiser. Les ménages qui y ont recours ne sont plus au bord du gouffre. Ils cherchent à clarifier leur situation, à réduire leurs mensualités, et souvent à financer un nouveau projet : achat d’une voiture, travaux, équipements.
Cette évolution se lit directement dans les chiffres. Le taux d’endettement moyen avant regroupement est passé de 48,4 % en 2020 à 41,9 % en 2025. Concrètement, les dossiers arrivent moins dégradés qu’avant.
Maxime Chipoy, directeur éditorial de Meilleurtaux, l’illustre avec un exemple récent : « Nous avons travaillé sur le dossier d’un couple avec 3 enfants, plus de 5 000 euros de revenus et 7 prêts, qui voulait faire le ménage dans tous ses crédits pour financer l’achat d’une nouvelle voiture. Le regroupement a permis de faire passer le taux d’endettement de 38 % à 31 %. »
Le regroupement de crédit au service de la rénovation énergétique
Un reste à charge qui bloque les ménages
Rénover une copropriété, c’est obligatoire — et coûteux. MaPrimeRénov’ Copropriété, les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), les subventions locales, l’éco-PTZ collectif : les aides publiques permettent de réduire la facture. Mais elles ne la font pas disparaître. Un reste à charge subsiste toujours pour chaque copropriétaire.
Or ce reste à charge arrive rarement au bon moment. Les budgets des ménages sont déjà sous tension : inflation, charges de copropriété en hausse, primes d’assurance qui grimpent, coût de l’énergie élevé. Pour beaucoup, emprunter davantage est tout simplement impossible. Ils ont déjà des crédits en cours et leur capacité d’endettement est saturée. Résultat : des copropriétaires décrochent. Ils ne votent pas contre les travaux — ils ne peuvent tout simplement plus les financer.
« Le sujet n’est plus seulement de convaincre les copropriétaires de l’intérêt des travaux, mais de leur permettre de les financer. Ce sont souvent les classes moyennes qui se retrouvent en première ligne : elles ne remettent pas en cause la rénovation, mais elles n’ont plus la marge de manœuvre financière pour absorber un reste à charge qui arrive au mauvais moment », résume Sylvain Lefèvre, président de Synergiec.
Synergiec lance une offre de rachat de crédits dédiée
Face à ce blocage, Synergiec a développé une réponse concrète. Cet AMO financier — premier intermédiaire national en opération de banque dédié à la rénovation énergétique — lance un service de rachat et de regroupement de crédits pour resolvabiliser les copropriétaires fragilisés.
Le mécanisme est simple à comprendre. Tous les crédits en cours d’un ménage — crédit immobilier, crédit auto, prêts personnels, crédits renouvelables — sont fusionnés en un seul. La dette est rééchelonnée sur une durée plus longue. La mensualité globale baisse. Le ménage retrouve une capacité financière. Et avec elle, la possibilité de financer sa quote-part de travaux.
L’accompagnement est confidentiel, personnalisé et sans engagement. Il se déroule en amont des assemblées générales, avant que la fragilité d’un seul copropriétaire ne bloque l’ensemble de la résidence.
Un exemple concret : de 70 % à 19 % d’endettement
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Synergiec présente le cas d’un couple propriétaire avec 4 340 € de revenus et un taux d’endettement de 34 %. Trois crédits en cours : immobilier, auto, consommation. Tout est encore gérable. Puis survient un accident de la vie — chômage, arrêt maladie. Les revenus tombent à 2 200 €. Les charges, elles, ne bougent pas. Les mensualités atteignent 1 480 €, soit près de 70 % d’endettement. Chaque fin de mois devient une épreuve.
Avec une restructuration adaptée, la situation bascule. Les mensualités tombent à 400 €. Le taux d’endettement redescend à 19 %. Le couple retrouve plus de 1 000 € de reste à vivre par mois. Et surtout, il peut à nouveau envisager de participer aux travaux de rénovation de l’immeuble.

Un levier pour débloquer les votes en assemblée générale
Des impayés qui paralysent les projets collectifs
Dans une copropriété, la difficulté financière d’un seul copropriétaire peut bloquer tout le monde. C’est le paradoxe de la vie collective en immeuble. Synergiec le constate sur le terrain : dans une copropriété d’environ 40 lots, un à deux copropriétaires se retrouvent régulièrement en incapacité de financer leur quote-part de travaux. Soit un taux d’impayés moyen de 5 %. Ce n’est pas massif. Mais c’est suffisant pour reporter un vote, geler un projet, paralyser une rénovation pourtant indispensable.
La cause n’est pas un manque de volonté. Elle est financière. Les solutions techniques existent. Les aides publiques aussi. Ce qui manque, c’est la solvabilité.
Intervenir avant le vote, pas après
C’est précisément là qu’intervient Synergiec. L’idée est de traiter le problème en amont — avant l’assemblée générale, pas après. Concrètement, les gestionnaires de copropriété et les conseils syndicaux qui préparent un dossier de travaux peuvent faire appel à Synergiec pour identifier les copropriétaires fragilisés et leur proposer une restructuration de leurs charges mensuelles. L’objectif : qu’ils soient en capacité de voter oui le jour J.
Sylvain Lefèvre, président de Synergiec, résume la réalité du terrain : « La transition énergétique ne pourra pas reposer uniquement sur des dispositifs techniques ou des aides. Elle devra aussi intégrer l’humain et la réalité des ménages copropriétaires. Une copropriété, c’est une addition de situations très différentes : un retraité, un jeune couple, un bailleur, une famille monoparentale. Dans un même immeuble, certains peuvent avancer, d’autres non. »
Dès lors, cette offre complète naturellement l’intervention de Synergiec en tant qu’AMO financier : structuration des prêts collectifs, mobilisation des aides publiques (MaPrimeRénov’, CEE, subventions locales), et désormais solvabilisation individuelle en amont du vote.
Le regroupement de crédit s’impose ainsi comme un maillon manquant dans la chaîne de financement de la rénovation énergétique. Il ne remplace pas les aides publiques. Il les rend accessibles à ceux qui en ont le plus besoin. Au fond, c’est toute la logique de la transition énergétique qui est en jeu. Les dispositifs techniques existent. Les subventions aussi. Ce qui manquait, c’était un outil capable d’adapter la capacité financière des ménages à l’ampleur des défis. Le regroupement de crédit joue désormais ce rôle. Et si ce marché continue sa mue — vers des profils plus aisés, des dossiers mieux structurés, des usages plus stratégiques — il pourrait bien devenir un levier central de la politique de rénovation du parc immobilier français.

