Le logement s’impose comme l’enjeu décisif des municipales 2026. Selon le Baromètre Odoxa-Nexity-BFM-Capital publié en février 2026, 71 % des Français tiendront compte des propositions des candidats sur le logement dans leur choix de vote au scrutin municipal. Ce sondage, réalisé auprès de 1 005 personnes, révèle une attente massive. Puisque 69 % des sondés jugent difficile de trouver un logement dans leur commune. Face à cette crise du logement, les électeurs plébiscitent toutes les solutions proposées. En effet, 72 % souhaitent davantage de constructions, 75 % soutiennent les projets mixtes immobiliers et 73 % approuvent le nouveau statut de bailleur privé. Le message est clair pour les candidats aux municipales 2026 : la politique du logement n’est plus une option, c’est une priorité absolue pour les collectivités locales.
Sommaire :
- Pourquoi le logement devient-il l’enjeu majeur des municipales 2026 ?
- Comment les électeurs vont-ils sanctionner ou récompenser les candidats ?
- Quelles solutions les Français attendent-ils pour les municipales 2026 ?
- Quelles mesures nationales les Français soutiennent-ils ?
À retenir – Logement et municipales 2026 : les chiffres clés du sondage Odoxa
- 71 % des Français tiendront compte des propositions sur le logement dans leur vote aux municipales 2026.
- 69 % des sondés jugent difficile de trouver un logement dans leur commune, un chiffre qui atteint 80 % chez les locataires.
- 72 % des électeurs souhaitent que leur commune construise ou rénove davantage de logements.
- 75 % des Français soutiennent les projets mixtes immobiliers combinant logements, commerces et équipements publics.
- 68 % voteraient contre un candidat proposant une forte hausse de la taxe foncière.
Pourquoi le logement devient-il l’enjeu majeur des municipales 2026 ?
Une difficulté croissante à se loger en France
Le Baromètre Odoxa-Nexity-BFM-Capital révèle un constat alarmant sur le marché immobilier français. Près de 7 Français sur 10 (69 %) estiment qu’il est difficile de trouver un logement dans leur commune. Cette tension immobilière touche particulièrement les jeunes.
En effet, 76 % des 18-24 ans et 70 % des 25-34 ans partagent ce sentiment, contre 65 % des plus de 65 ans. Les locataires sont encore plus concernés avec 80 % d’entre eux qui déplorent cette pénurie de logements. En agglomération parisienne, le chiffre atteint 78 %.

Le logement, première dépense des ménages
Le premier baromètre de septembre 2025 avait déjà posé le diagnostic. Le logement représente le premier poste de dépense pesant sur le pouvoir d’achat des Français. Il arrive en tête avec 78 % de citations, loin devant l’alimentation (55 %). Le pouvoir d’achat constitue la priorité absolue des Français (57 % de citations, soit 15 points de plus que la deuxième priorité). Or, le logement pèse directement sur ce pouvoir d’achat. Cette réalité économique explique pourquoi les municipales 2026 cristallisent autant d’attentes sur ce sujet.
Comment les électeurs vont-ils sanctionner ou récompenser les candidats ?
Un vote directement influencé par les propositions logement
L’étude Odoxa réalisée les 4 et 5 février 2026 auprès de 1 005 Français est formelle. 71 % des électeurs tiendront compte des programmes sur le logement et l’immobilier au moment de voter aux municipales 2026.
Ce consensus traverse toutes les catégories sociales et géographiques. Les propriétaires (71 %) comme les locataires (72 %) partagent cette intention. Les habitants des communes rurales (72 %) rejoignent ceux des grandes villes (70 %) et de l’agglomération parisienne (77 %).
Les mesures fiscales qui font fuir les électeurs
Certaines propositions risquent de coûter cher aux candidats aux municipales 2026. Ainsi, 68 % des électeurs voteraient contre une liste proposant une forte augmentation de la taxe foncière. De même, 56 % sanctionneraient une hausse des droits de mutation (partie des frais de notaire).
Les propriétaires se montrent particulièrement sensibles. Ainsi, 77 % d’entre eux rejetteraient une augmentation de la taxe foncière et 61 % une hausse des droits de mutation. Toutefois, les locataires souhaitant accéder à la propriété partagent cette réticence (63 % contre la taxe foncière, 56 % contre les droits de mutation).
Quelles solutions les Français attendent-ils pour les municipales 2026 ?
La construction et la rénovation plébiscitées
Les Français veulent que leurs communes agissent concrètement sur le logement et l’urbanisme. Ils sont 72 % à souhaiter que leur commune « mette à disposition davantage de logements à l’acquisition ou la location en construisant de nouveaux logements ou en rénovant les anciens ».
Cette demande d’augmentation du parc locatif et de l’offre en accession à la propriété est encore plus forte chez les jeunes : 85 % des 18-24 ans et 76 % des 25-34 ans y sont favorables. Les locataires soutiennent cette mesure à 85 %, contre 66 % des propriétaires. L’écart est également géographique : 79 % dans les grandes villes contre 64 % dans les communes rurales. L’aménagement du territoire devient ainsi un enjeu central des programmes électoraux.
Les projets mixtes immobiliers largement approuvés
Les trois-quarts des Français (75 %) soutiennent les projets mixtes immobiliers. Ces opérations d’aménagement urbain combinent appartements destinés à la vente, logements sociaux, résidences étudiantes, commerces et infrastructures culturelles et sportives (gymnase, école, etc.). En agglomération parisienne, l’adhésion atteint 79 %. Dans les grandes villes, elle s’élève à 80 %. Les locataires y sont favorables à 81 %, les propriétaires à 73 %. Un quart des Français (24 %) se déclarent même « tout à fait favorables » à ces projets.
Le Bail Réel Solidaire séduit les électeurs
Le BRS (Bail Réel Solidaire) constitue un autre levier d’action pour les candidats aux municipales 2026. Ce dispositif permet aux acquéreurs de devenir propriétaires du bâti tout en louant le terrain à un Organisme Foncier Solidaire (OFS). Le coût d’acquisition se trouve ainsi réduit d’environ 25 % en moyenne, facilitant l’accession à la propriété des primo-accédants.
Les Français l’approuvent massivement : 67 % estiment que c’est une bonne solution pour lutter contre la crise du logement. Par ailleurs, 61 % souhaitent que leur commune propose ce dispositif. L’intérêt personnel est également élevé : 38 % des Français seraient intéressés ou auraient pu être intéressés par le BRS pour acquérir leur résidence principale. Ce chiffre atteint 49 % en agglomération parisienne et 57 % chez les locataires souhaitant accéder à la propriété.
Quelles mesures nationales les Français soutiennent-ils ?
Le statut de bailleur privé approuvé à 73 %
Le budget 2026 a créé le statut de bailleur privé. Ce dispositif offre un avantage fiscal aux investisseurs qui achètent un logement pour le mettre en location sous condition de loyers plafonnés. Cette mesure de défiscalisation immobilière vise à développer l’offre locative et le parc locatif privé.
Les Français plébiscitent cette mesure : 73 % jugent que c’est une bonne idée pour augmenter le nombre de logements disponibles à la location en France. Mieux encore, 35 % se disent personnellement intéressés pour réaliser un investissement locatif via ce dispositif. Chez les moins de 50 ans, ce chiffre atteint 45 %. Les cadres et CSP+ sont 48 % à manifester leur intérêt. Parmi les locataires souhaitant accéder à la propriété, 53 % envisageraient de devenir propriétaires bailleurs grâce à ce statut.
L’encadrement des loyers largement soutenu
Malgré les débats qu’il suscite dans la sphère politique, l’encadrement des loyers recueille 71 % d’opinions favorables dans l’opinion publique. Les Français considèrent qu’il « garantit aux locataires des prix plus raisonnables et plus stables ». Seuls 27 % estiment que « c’est une mauvaise chose car cela limite l’offre de logements ».
Ce soutien transcende les statuts : 81 % des locataires et 66 % des propriétaires approuvent cette mesure. Il transcende également les revenus : 72 % des foyers modestes et 68 % des ménages aisés y sont favorables.
La loi SRU défendue par 6 Français sur 10
La loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain), qui impose depuis plus de 25 ans un quota de 20 % à 25 % de logements sociaux et de HLM dans les communes où il est difficile de se loger, reste populaire. Elle est approuvée par 60 % des Français. Ce soutien est plus marqué dans les grandes villes (64 %) et l’agglomération parisienne (63 %).
De plus, 58 % des Français demandent à leur commune de respecter cette loi et de développer l’habitat social. Les locataires sont 67 % à formuler cette demande. Enfin, 51 % souhaitent des sanctions plus lourdes (amendes) pour les communes et les maires qui ne respectent pas la loi SRU. Les bailleurs sociaux apparaissent ainsi comme des acteurs essentiels de la politique du logement.

