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Impôts & Taxes

Rép. min., JO AN, 2 février 2010, p.1105 – TVA. investissements immobiliers locatifs. contrats

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Question N° : 63782 de  M. Jean-Luc Warsmann ( Union pour un Mouvement Populaire – Ardennes )

 

M. Jean-Luc Warsmann attire l’attention de M. le secrétaire d’État chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services et de la consommation sur les préoccupations des propriétaires bailleurs en résidence de tourisme. Il le prie de bien vouloir lui faire connaître sa position sur ce sujet.

 

Texte de la RÉPONSE :

 

Comme pour tout investissement, le placement dans l’immobilier locatif peut comporter des risques. Dans ce type d’investissement, les risques peuvent être en grande partie appréciés par l’investisseur grâce à une information loyale et complète sur le délai d’exécution du programme de construction et sur la fiabilité des loyers attendus de l’investissement ainsi que sur la garantie prévue en cas de défaillance du promoteur. Bien entendu, ce type d’investissement est également soumis aux aléas du marché locatif immobilier et aux éventuelles difficultés rencontrées par le promoteur immobilier. Le contrat de promotion immobilière, défini par l’article L. 221-1 du code de la construction et de l’habitation, précise un certain nombre d’éléments d’information permettant de protéger le consommateur. Par ailleurs, conformément à l’article R. 222-9 du même code, le promoteur a une obligation de résultat. L’article L. 222-3 du code de la construction et de l’habitation prévoit que le contrat de promotion immobilière doit préciser « le délai dans lequel le bâtiment doit être édifié » ce qui permet au cocontractant, auquel le retard de livraison porte préjudice, d’obtenir des dommages-intérêts ou même la résiliation du marché, conformément aux dispositions des articles 1146 et suivants du code civil. Dans ce cadre, le juge des référés peut infliger une astreinte à l’entrepreneur pour l’obliger à exécuter le marché dans les meilleurs délais. Toutefois, les opérations d’investissements locatifs défiscalisés font intervenir plusieurs opérateurs et des réglementations différentes, notamment fiscales et immobilières, qui ne permettent pas au consommateur d’apprécier la portée et les implications financières de son engagement. En effet, le montage juridique en cause est complexe dans la mesure où le contrat passé entre l’investisseur et le promoteur prévoit que celui-ci confie le bien construit à un gestionnaire chargé de le donner en bail, en confiant à ce dernier la responsabilité de transférer au maître d’ouvrage le produit de la location. Une amélioration de l’information des investisseurs est certainement souhaitable, sans préjudice de celles déjà dispensées par les notaires. Cela ne dispense toutefois pas l’investisseur, notamment compte tenu des sommes en jeu, de porter une attention particulière au bien immobilier qu’il envisage d’acquérir : visite sur place pour estimer in concreto l’environnement, physique et économique, du projet, étude sur le marché locatif environnant, examen attentif des simulations mises en avant par les professionnels par exemple. Concernant les résidences de tourisme, la loi du 22 juillet 2009 de modernisation et de développement des services touristiques contient plusieurs dispositions visant à mieux encadrer l’investissement dans ce type de résidence : non-possibilité de résiliation triennale pendant la durée initiale de neuf ans concernant les baux commerciaux entre exploitants et propriétaires de résidences de tourisme afin d’assurer la pérennité de l’exploitation de l’établissement pendant la période initiale minimum de neuf ans, obligation pour un exploitant de résidences de tourisme, qui gère plusieurs établissements, de tenir des comptes d’exploitation distincts par établissement, de les communiquer aux propriétaires qui en font la demande et de fournir, une fois par an, un bilan détaillé de l’année écoulée à l’ensemble des propriétaires, obligation pour le vendeur de diffuser aux futurs acquéreurs de logements situés dans des résidences de tourisme des documents de commercialisation comprenant des informations précises sur les caractéristiques des baux qu’ils seront amenés à signer avec l’exploitant ainsi que sur l’identité du gestionnaire retenu. Les critères auxquels devront répondre ces documents de commercialisation seront prochainement fixés par arrêté. Enfin, de façon générale, l’article L. 121-1 du code de la consommation relatif aux pratiques commerciales trompeuses permet à la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) d’intervenir auprès des promoteurs immobiliers indélicats qui pourraient être auteurs d’informations de nature à induire en erreur, voire mensongères. Conformément à l’article L. 213-1 du code de la consommation les peines encourues sont une peine d’emprisonnement de deux ans au plus et d’une amende de 37 500 EUR au plus.

 

Ministère interrogé : Commerce, artisanat, pme, tourisme, services et consommation

Ministère attributaire : Commerce, artisanat, pme, tourisme, services et consommation

Question publiée au JO le : 17/11/2009 page : 10758

Réponse publiée au JO le : 02/02/2010 page : 1105

 

Source : http://questions.assemblee-nationale.fr

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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