Rénovation énergétique : un plaidoyer pour les isolants minces

Rénovation énergétique : un plaidoyer pour les isolants minces

Deux membres du SFIRMM, le Syndicat des Fabricants d’Isolants Réflecteurs Minces Multicouches souhaitent alerte les ministères sur la non-reconnaissance des performances des isolants minces. Seule une évolution des normes vers des mesures in situ permettraient de sortir du point de blocage actuel.

Les Présidents de Valtech industrie et de XL Mat adressent une lettre ouverte à Mesdames les Ministres de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie, Ségolène Royal et du Logement, de l’Egalité des territoires et de la Ruralité, Sylvia Pinel. Ils demandent la prise en compte de la performance des isolants minces réflecteurs.

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« Par défaut de méthode de mesure adaptée, les performances thermiques des isolants minces réflecteurs ne sont pas prises en compte par les bureaux d’études en construction neuve, ni dans le cadre des aides pour la rénovation énergétique des bâtiments anciens, alors même que plusieurs millions de m² sont posés depuis plus de 20 ans, principalement en toiture », dénoncent ensemble Eric VALOIS, Président de Valtech industrie et Bertrand LAFERRERE, Président de XL Mat.

Cette situation de blocage dure depuis des années et est en train d’être médiatisée suite aux travaux d’investigation de l’Autorité de la Concurrence, qui vient de notifier le Groupe Saint-Gobain Isover, le CSTB (Epic délivrant des agréments) et le FILMM (syndicat des isolants minéraux), accusés d’entente et de pratiques anticoncurrentielles.

« Le sujet de fond est l’écart entre les mesures de résistance thermique faites en laboratoire (R basée sur l’épaisseur de l’isolant) et la réalité des performances thermiques des isolants, une fois mis en œuvre et soumis aux conditions réelles d’utilisation. Déjà, la Grande-Bretagne et l’Italie appliquent des coefficients dégradants jusqu’à 35% les données de laboratoire. Les mesures réelles d’efficacité des isolants sont scientifiquement plus pertinentes et ne constitueraient pas un frein à l’innovation, contrairement aux mesures en laboratoires qui ne reflètent pas la réalité. Les mesures in situ sont pratiques courantes pour l’acoustique, le feu, l’aéronautique, … », expliquent Eric VALOIS et Bertrand LAFERRERE.

Seule une évolution des normes vers des mesures in situ permettraient de sortir du point de blocage actuel. Or le CSTB côté français refuse d‘en entendre parler et la Commission Européenne de Normalisation (CEN), via ses groupes de travail, subit des pressions des lobbies internationaux freinant depuis 2005 toute évolution normative.

« Aujourd’hui, alors même que la priorité est donnée aux économies d’énergie et aux travaux de rénovation, notre cœur de métier, nous subissons de plein fouet les contraintes des réglementations thermiques et des dispositifs d’aides, tous basés uniquement sur la résistance thermique (R) des matériaux isolants », dénoncent encore nos deux présidents. « Les consommateurs ont le droit de bénéficier des mêmes aides et incitations pour leurs travaux, sans subir des contraintes réglementaires biaisées », ajoutent-ils.

Enfin, ils recommandent à Ségolène Royal et à Sylvia Pinel d’étudier le rapport de l’Autorité de la concurrence et celui de l’OPECST, sur les difficultés à innover dans le bâtiment. « La réhabilitation de notre famille de matériaux et la reconnaissance des nouvelles méthodes de mesures de performance thermique des isolants sont impératifs, sous peine d’investir en vain dans la transition énergétique », concluent-ils.

Sources : http://www.valtech-isolation.com/ et www.xlmat.com

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