Quel visage pour l’Île-de-France en 2050 ?

Quel visage pour l’Île-de-France en 2050 ?
www.ceser-iledefrance.fr

En s’interrogeant sur le devenir de la société francilienne d’ici la moitié de ce XXIème siècle, le Conseil économique, social et environnemental régional d’Île-de-France (CESER) se projette pour la première fois à un horizon de plus de 40 ans.

 

Le rapport de la Section prospective et planification du CESER, rendu public le 9 juin, aborde les différents défis auxquels sera confrontée l’Île-de-France et tente de cibler les principaux leviers sur lesquels agir pour maintenir le niveau de vie et améliorer la qualité de la vie. Les conditions de vie pour 2050 seront prédéterminées par les actions menées d’ici 2020.

 

L’Ile de France est, depuis plus de 60 ans, la plus peuplée, la plus jeune et la plus riche des régions de France. Qu’en sera-t-il d’ici 2050, horizon symbolique du « Facteur 4 » pour la préservation de la planète ? La Région pourra-t-elle continuer d’assurer son rôle en Europe, dans un contexte de rigueur budgétaire et de renchérissement des ressources naturelles tandis que la croissance économique mondiale sera essentiellement tirée par les nouveaux pays émergents à population jeune et nombreuse ?

 

L’Ile de France est une région riche et performante mais où le lien social est moins intense qu’ailleurs. Elle accueille 18,8% de la population française et elle crée 28% du PIB de la France grâce à une productivité supérieure de plus de 25% à celle de la province et à un taux d’emploi également supérieur (47% vs 38,5%), tout en étant  bien inférieur à celles des autres grandes régions européennes.

 

Longtemps considérée comme « locomotive » de la France, sa croissance manifeste toutefois une décélération (de 1990 à 2008), avec un taux de croissance du PIB/habitant en volume qui est proche de celui de la province (1,3%/an). Mais les prix y sont plus élevés (en 2006, + 13% par rapport à la moyenne métropolitaine), le logement constituant la moitié de ce surcoût.

 

La population de l’Ile de France continuera de croître, la composition de sa population sera changée mais les grandeurs sont incertaines… L’IDF pourrait compter 15 millions d’habitants, soit 3 millions d’habitants de plus qu’aujourd’hui et un flux migratoire annuel net en provenance de l’étranger d’au moins 80.000 personnes.

 

Ces projections pourraient être bouleversées par de nouveaux évènements (fécondité, mortalité et flux migratoires : conséquences du changement climatique, pénurie de terres arables, risques géopolitiques). Actuellement, près de 2 millions d’immigrés vivent en Ile-de-France, soit 40% des immigrés métropolitains. Un Francilien sur six est immigré. 20% des Franciliennes sont immigrées et contribuent à 26% des naissances de la région. 4 enfants sur 10 ont au moins un parent immigré et l’insertion dans le marché du travail de la deuxième génération est préoccupante.

 

L’Ile de France vieillira (le nombre de maisons de retraites devra être multiplié par 4) mais devrait demeurer une région relativement jeune, d’où un ratio actifs/inactifs moins défavorable que celui de la métropole et l’Europe. Elle devra néanmoins redoubler d’efforts pour éviter la régression et maintenir son niveau de vie. Sa population devrait continuer de croître au taux de 0,7%/an, taux identique à celui connu sur la période 1990-2008. Mais cette bonne santé démographique n’est pas suffisante pour affronter l’avenir. En effet, sur cette période, le taux de croissance du PIB était de 1,9%/an en volume, tandis qu’il ne sera vraisemblablement pas supérieur à 1,5% d’ici 2050.

 

Une partie croissante du revenu disponible des ménages sera ponctionnée par le financement du système social et le remboursement de la dette. L’utilisation de la partie restante du revenu devra être optimisée car les dépenses liées à l’énergie (transport, logement…) augmenteront, ce qui s’effectuera au détriment des autres postes de consommation quotidienne, voire de l’épargne.

 

« Il convient de faire en sorte que vivre en région parisienne soit agréable. Si on ne répond pas aux véritables attentes des habitants en terme de qualité de vie, le nombre d’actifs dynamiques quittant la région continuera de croître », explique Yves Vandenboomgaerde, rapporteur de la Section de la prospective et de la planification.

 

Libérer la créativité et l’innovation

Il y a urgence à changer, à inventer, à aller de l’avant en adoptant dès aujourd’hui une attitude résolument proactive :

  • pour éviter que la machine ne s’emballe au niveau climatique,
  • pour que la croissance économique permette d’éviter de devenir « suiveur » d’innovations qui se réaliseront ailleurs,
  • pour empêcher que le dérapage des finances publiques obère encore plus l’avenir et que les inégalités ne s’accroissent.

 

Réaliser très rapidement la révolution énergétique

L’Invention d’un pétrole de substitution, peu cher, respectant l’environnement, et n’engendrant pas de déséquilibres économiques dommageables au développement de la société) est une priorité absolue afin de consommer toujours moins d’énergie par unité de PIB.

 

Faire le choix stratégique d’une croissance économique endogène

Le développement d’applications industrielles à haute valeur ajoutée s’appuyant sur une recherche de pointe et requérant des emplois à haute qualification ainsi que des secteurs « captifs » où la demande existe, où les technologies sont disponibles et où les besoins vont croître (BTP, services à la personne…), permettrait de générer à moyen terme un surcroît de croissance, rendant possible une amélioration des conditions de vie en Ile-de-France.

 

Le Grand Bassin Parisien offrirait un territoire élargi à aménager avec des surfaces disponibles à grande échelle, autorisant des implantations industrielles, des infrastructures de transport et des constructions nouvelles de logements avec prise en compte, dès leur conception, des impératifs du développement durable, ce qui permettrait une économie globale de moyens et des délais de réalisation réduits. Dans la pratique, la mise en œuvre des ces réalisations supposerait l’existence d’une gouvernance encore à imaginer.

 

Rapport complet du CESER

 

Source : www.ceser-iledefrance.fr

Conseil économique, social et environnemental régional d’Île-de-France

Rapport « Démographie, économie et lien social en Île-de-France à l’horizon 2050 : Quelles perspectives, quels leviers pour agir ? » présenté par Yves Vandenboomgaerde, au nom de la Section de la prospective et de la planification du CESER d’Île-de-France, présidée par Jean-François Veysset.

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