M. Gilles Gaillot, Directeur Stratégie Marketing & Développement ISTA-CIS

DAAF* : nos parlementaires jouent avec le feu
Gilles Gaillot

Quelle est votre vision du Grenelle de l’environnement avec quelques mois de recul ?

Quelle est votre vision du Grenelle de l’environnement avec quelques mois de recul ?

 

On attend encore plusieurs décrets d’application, un peu long à paraître. Néanmoins dans la loi il y des points essentiels à souligner, plusieurs articles visent à inciter les copropriétaires et les occupants en général à se pencher sur la problématique de l’efficacité énergétique et à faciliter la prise de décision.

 

Tous les travaux d’efficacité énergétique sont maintenant votés à la majorité simple de l’article 25. Un autre point est celui qui a gravé dans le marbre l’individualisation des charges de chauffage, bien qu’en application et obligatoire depuis la loi de 1974, le Grenelle a souhaité rappeler cette loi et la renforcer en incluant également le vote à l’article 25 pour le choix du prestataire, la qualité ou le prix du service.

Attention ce n’est pas le principe de l’individualisation que l’on doit voter puisqu’il est déjà inscrit dans la loi, un copropriétaire peut tout à fait demander à ce que son règlement de copropriété soit mis en conformité avec la loi si le principe d’individualisation des charges de chauffage n’y apparaît pas.

 

Autre point important, l’instauration d’un DPE, obligatoire à partir de 2012 pour les immeubles dotés d’un chauffage collectif. Avec un diagnostic pour les immeubles de moins de 50 lots et un audit thermique pour ceux de plus de 50 lots et l’obligation derrière de mettre en place un plan pluriannuel de travaux énergétiques. Une excellente mesure pour investir dans l’avenir, pour agir par étape en prenant le temps de la réflexion.

A votre avis par quoi faut-il commencer, quelle serait la première étape pour enclencher cette démarche vertueuse ?

A votre avis par quoi faut-il commencer, quelle serait la première étape pour enclencher cette démarche vertueuse ?

 

Il faut mettre en place les meilleures solutions et dans un premier temps les plus simples. La première étape est certainement celle de l’individualisation des frais de chaleur qui permet de s’engager rapidement dans une démarche vertueuse sans investissement lourd.

 

Avec la mise en place d’un compteur et d’un instrument de mesure, il est plus facile par la suite de contrôler l’impact sur la consommation d’un changement de fenêtre, de travaux d’isolation ou de l’installation d’une nouvelle chaudière.

 

L’individualisation des frais de chauffage est possible dans toutes les copropriétés à l’exception de celles équipées de planchers chauffants ou encore de vieux radiateurs « les monotubes ». Pour bien comprendre l’intérêt de ce type de dispositif, prenez une facture moyenne de chauffage de 700 € pour un appartement de 3 pièces, l’économie réalisée au bout d’un an sera d’au moins 15% voire plus mais cela dépend surtout de la prise de conscience de chacun de sa propre consommation. En cela, les relevés mensuels ou trimestriels font apparaître aussitôt les dérives de consommation ou les disfonctionnements. Et ce qui est vrai pour l’eau l’est aussi pour le chauffage.

Qu’est-ce qu’apporte la réglementation thermique en matière de maîtrise de la consommation d’énergie ?

Qu’est-ce qu’apporte la réglementation thermique en matière de maîtrise de la consommation d’énergie ?

 

La RT 2012, la réglementation thermique qui va s’appliquer aux bâtiments neufs à partir de 2012 rend obligatoire de façon mensuelle le comptage du chauffage et de l’eau chaude sanitaire. Cette démarche entérine le fait que le consommateur mieux informé va pouvoir réagir et maîtriser sa consommation, cela est encore plus vrai pour les bâtiments anciens.

 

On peut déjà vérifier ces résultats à partir de nos services pour l’eau, où l’on est passé d’une comptabilité des charges à une gestion des consommations. Nous sommes engagés vis-à-vis de nos clients pour atteindre une baisse des consommations d’eau de 10 à 20% selon les services mis en place.

Le syndic a-t-il un tableau de bord pour l’aider à suivre les consommations de l’immeuble ?

Le syndic a-t-il un tableau de bord pour l’aider à suivre les consommations de l’immeuble ?

 

Le syndic devrait pouvoir être alerté des disfonctionnements concernant les consommations de l’immeuble que ce soit pour les parties communes ou privatives grâce à des outils simples mis à sa disposition mais ce n’est pas encore le cas.

 

Un décret va être publié très prochainement qui rénove celui de 1991 sur la loi d’individualisation des frais de chauffage où il va être ajouté la notion d’observatoire des consommations. Il s’agira pour nos services et pour toutes les entreprises du secteur d’envoyer un tableau de ratios simples qui permettra d’établir une fourchette de comparaison des consommations constatées selon les logements de l’immeuble. Cette analyse pourra être traitée dans le temps avec des rapprochements selon les périodes.

En quoi les diagnostics de performance énergétique peuvent-ils avoir une incidence sur nos comportements ?

En quoi les diagnostics de performance énergétique peuvent-ils avoir une incidence sur nos comportements ?

 

A partir du 1er janvier 2011, il sera obligatoire pour toutes transactions et toutes locations d’afficher l’étiquette énergétique dans l’annonce immobilière ou dans la vitrine de l’agent immobilier. Cette information va être prise en compte au moment de la sélection des appartements car elle a un impact direct sur le poids des charges.

 

On va assister naturellement à un écart des prix en fonction de la qualité des étiquettes énergétiques des biens, cette situation pourrait bien nous entraîner vers une segmentation du parc immobilier. On va aller de plus en plus dans le sens d’une prise de conscience collective d’actions simples à mener pour préserver la valorisation de son patrimoine.

Depuis le Grenelle on entend beaucoup parler du certificat d’économie d’énergie (CEE), de quoi s’agit-il ?

Depuis le Grenelle on entend beaucoup parler du certificat d’économie d’énergie (CEE), de quoi s’agit-il ?

 

Les gouvernements ont souhaité que les fournisseurs d’énergie (gaz, électricité, fuel, distributeur d’essence …) incitent eux-mêmes leurs clients à réaliser des économies d’énergie. Ils doivent faire la preuve de la mise en place d’opérations d’aide à l’amélioration de la consommation énergétique faute de quoi ils s’engagent à payer des taxes.

 

Ces preuves s’appellent des certificats d’économies d’énergie avec un système de points délivrés en fonction d’une dizaine d’opérations standardisées définies (changement de fenêtres, installation d’une chaudière à condensation…).

 

Certains agissent en direct avec leurs clients, d’autres se sont tournés vers leur réseau de partenaires qui contribuent dans leurs métiers à mener des opérations d’efficacité énergétique mais qui ne bénéficient pas directement des CEE en tant que fournisseur d’énergie. C’est le cas d’Ista qui a choisi de valoriser ces certificats auprès d’EDF puisque l’installation des répartiteurs de chauffage est éligible au CEE.

Concrètement, quel est l’intérêt du CEE pour une copropriété ?

Concrètement, quel est l’intérêt du CEE pour une copropriété ?

 

L’individualisation des frais de chauffage de la copropriété est éligible au CEE à condition que celle-ci installe à la fois des répartiteurs de chauffage et des robinets thermostatiques pour une efficacité maximale du dispositif.

 

La copropriété va rédiger une attestation à Ista où il est précisé qu’elle a bien réalisé ces installations, elle rédige aussi un accord pour la redistribution de ses points de CEE à EDF. En échange EDF valorise ces points, Ista ne sert que de passerelle et transmet l’intégralité de la valeur des points à la copropriété.

 

Cette opération permet globalement de contribuer au financement du coût d’installation des répartiteurs de frais de chauffage. On distingue 3 zones géographiques H1 (région Nord-est et IDF), H2 et H3 (région Sud), EDF rémunérera plus ou moins en fonction de la zone dans laquelle on se situe.

 

Les fiches d’opérations standardisées permettent, pour les opérations d’économies d’énergie les plus courantes, de préciser les conditions d’éligibilité et les modalités d’évaluation des économies d’énergie.

Pour consulter les fiches d’opérations standardisées pour les bâtiments résidentiels

     

     

    Gilles GAILLOT

    Directeur Stratégie Marketing & Développement

    www.ista-france.com