Le boom du business des économies d’énergie

Le boom du business des économies d'énergie
Philippe Gattet

Le boom du business des économies d’énergie

Les économies d’énergie : tout le monde en parle ! Les industriels, les collectivités locales, les sociétés de services et bien sûr les consommateurs. Certaines entreprises en ont même fait leur business. Mais de quoi s’agit-il au juste ?

 

Avant d’entrer dans le vif du sujet, rappelons quelques grandes tendances sur l’énergie. Si l’on compare l’évolution des prix de l’énergie en France à celle de l’inflation, que voit-on ? Et bien que la croissance des prix de l’énergie s’accélère, qu’elle creuse l’écart avec l’inflation de l’ensemble des biens et services consommés par les Français. Une hausse qui n’est pas prête de s’arrêter.

 

Prenons l’exemple de l’électricité. Moderniser les centrales nucléaires, développer les énergies renouvelables mais aussi libéraliser le marché avec la loi NOME. Tous ces éléments vont pousser les prix du kilowatt à la hausse d’au moins 6% par an jusqu’en 2015. Sans parler des perspectives d’évolution des cours du pétrole et du gaz sur moyenne période, liées au prix du kilowattheure.

 

Il est donc urgent d’économiser l’énergie. C’est un levier très puissant pour réduire les émissions de CO2 et donc satisfaire aux objectifs  environnementaux des États. La maîtrise de l’énergie contribue à un quart des efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre, c’est-à-dire davantage que les renouvelables ou le nucléaire. On ne peut donc pas se priver d’un tel soutien. D’autant que ces mesures d’économies favoriseront à la fois le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises.

 

En résumé : l’énergie la moins chère est celle qu’on ne consomme pas. La maîtrise de l’énergie a même été gravée dans le marbre par l’Union européenne dans les années 2000. Des discussions sont mêmes en cours pour renforcer les efforts des États membres en matière d’efficacité énergétique.

 

En France, les pouvoirs publics se sont engagés  eux aussi dans la course aux économies d’énergie. Nous pouvons notamment évoquer la rénovation des logements sociaux les plus énergivores ou celle des bâtiments publics. Mais le marché de l’efficacité énergétique ne se résume pas uniquement à cela. Il est bien plus large et couvre aussi bien l’industrie que le résidentiel-tertiaire voire même les transports.

 

Abordons maintenant les forces en présence dans les services d’efficacité énergétique en France. Vous avez tout d’abord deux acteurs historiques incontournables : Dalkia, contrôlé par Veolia et EDF, et Cofely, une filiale de GDF Suez. Leur métier ? C’est de gérer les réseaux de chauffage urbains mais aussi les chaudières industrielles. C’est aussi de gérer tout autre équipement thermique des bâtiments dans le cadre d’un contrat d’externalisation. A l’origine, leur objectif était simplement d’exploiter ces installations. Aujourd’hui, il s’agit d’en optimiser le fonctionnement pour faire faire des économies à leurs clients.

 

Des économies qui génèrent des services supplémentaires. Mieux encore : ces économies peuvent se traduire par l’installation d’équipements électriques ad hoc pour un meilleur suivi de la consommation énergétique. Mis bout à bout, tout cela signifie davantage de revenus pour Dalkia et Cofely. Au final, ils sont passés de la gestion des « utilities » des industriels ou des collectivités à la vente de retour sur investissement.

 

Face à ces groupes s’est développée une myriade d’opérateurs dont le profil technique répond parfaitement aux défis d’économie d’énergie. Il y a tout d’abord les majors du bâtiment : ETDE, filiale de Bouygues, Eiffage Énergie et Vinci Énergies dont l’offre de services d’efficacité énergétique est très diversifiée. N’oublions pas non plus toutes les PME du bâtiment spécialisées dans le génie électrique, le génie climatique ou les systèmes de ventilation. Elles peuvent répondre directement ou dans le cadre de contrat de sous-traitance aux besoins de l’industrie ou du grand tertiaire.

 

Les fabricants d’équipements électriques s’y mettent aussi pour accroître la part des services dans leur chiffre d’affaires, et donc leurs marges. Nous pouvons évoquer ici ABB, Legrand, Schneider Electric ou Siemens.

 

Pour le marché de l’habitat, il y a les offres Bleu Ciel d’EDF ou Dolce Vita de GDF Suez. Demain, avec leurs box énergie, les groupes des télécoms participeront à l’essor des services d’efficacité énergétique dans le résidentiel. Mais ce n’est pas pour tout de suite. Il faut en effet  convertir le marché de l’habitat. Comment en effet vendre moins d’énergie quand on est fournisseur d’électricité ou de gaz ? En somme, les services d’efficacité énergétique  pour l’habitat restent à inventer.

 

Pour visionner la vidéo Xerfi Canal

 

www.xerficanal.com