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Développement durable

Comment réduire par 4 les émissions de CO2 dans l’habitat ?

 

L’étude publiée par le Club d’Ingénierie Prospective Energie et Environnement (CLIP) élabore des scénarios de réduction par 4 des émissions de CO2 dans le secteur de l’habitat, en France, à l’horizon 2050.

 

Cette étude souligne l’ampleur de la mutation nécessaire du parc pour y parvenir et l’importance du recours à des politiques publiques fortes pour assurer un rythme de réhabilitation soutenu. L’amélioration du bâti permet une réduction des besoins de chauffage de 50% à 60% à l’horizon 2050. Mais ce résultat est atteint au prix d’un rythme soutenu de réhabilitation de 400.000 logements par an (dont 20% de logements sociaux), et d’une mise en œuvre systématique des bouquets de mesures techniquement envisageables dans les différents sous-secteurs du parc.

 

Michel Colombier, Directeur du CLIP* et Carine Barbier, Iddri* souhaitent que cette étude induise un débat au sein de l’ensemble des acteurs : « Les conclusions mettent en avant l’importance d’opérations de réhabilitation programmées à large échelle, allant bien au-delà des instruments incitatifs disponibles actuellement. Cet exercice de quantification est forcément réducteur, mais permet d’évaluer en ordre de grandeur l’impact de certains choix. »

 

Rappelons que la consommation énergétique du parc de logements en 2006 pour la métropole (31 millions de logements) s’élève annuellement à 560 TWh, soit 30% de la consommation totale d’énergie finale en France. Le chauffage occupe la première place dans les consommations des résidences principales, à 70%, alors que la production d’eau chaude sanitaire (ECS) compte pour 10% du total du secteur. En moyenne pour le parc de construction antérieure à 2001, les niveaux de consommation unitaire (en surface habitable) en chauffage et en ECS sont respectivement de 160 kWh/m2 et de 23 kWh/m2 en énergie finale.

 

Dans les émissions totales de CO2 de près de 400 millions de tonnes, le résidentiel représente 21%, à 85 millions de tonnes. Dans ce contexte, l’exercice consiste à identifier différentes trajectoires d’une division par 4 des émissions de dioxyde de carbone dues à la consommation énergétique des résidences principales, pour les deux postes du chauffage et de la production d’eau chaude sanitaire, en s’appuyant sur les meilleures technologies disponibles ou susceptibles de se généraliser avant 2050.

 

L’objectif est d’atteindre 19 ou 20 millions de tonnes de CO2 pour ces deux postes au terme des quatre prochaines décennies, dans un parc de logements en croissance et à très faible renouvellement. Trois leviers principaux sont identifiés : la réduction des besoins de chauffage, le recours à des équipements énergétiques plus performants, le choix d’énergies moins carbonées.

 

Les objectifs du Grenelle sont adoptés pour la construction neuve, en référence commune à tous les scénarios : dès 2012 avec la généralisation des logements à basse consommation (BBC). Parallèlement, des objectifs ambitieux sont affichés pour la réhabilitation du parc existant. Les principaux gisements de la réhabilitation : les maisons individuelles de construction antérieure à 1949 ainsi que les logements en immeubles collectifs de la période 1949-1974, qui représentent la part prépondérante des effectifs (44%) pour plus de la moitié des consommations de chauffage.

 

L’approche retenue pour la partie rénovation consiste à favoriser les gestes de rénovation les plus efficaces : sur l’enveloppe (toitures, planchers bas, ouvertures, façades) et les systèmes énergétiques supportant deux cycles de rénovation avant 2050. La généralisation à l’ensemble du parc de construction antérieure à 2001 de l’isolation thermique par l’extérieur en priorité sur l’isolation intérieure, lorsque les caractéristiques architecturales l’autorisent, d’équipements de ventilation contrôlée (avec récupérateur de chaleur sur l’air extrait le cas échéant), des vitrages à isolation renforcée, permet de réduire en moyenne de 60% les besoins en maison individuelle comme en immeuble collectif.

 

Des solutions technologiques performantes sont introduites en construction neuve ou en rénovation des équipements de chauffage : pompes à chaleur électriques (les pompes à chaleur gaz étant introduites seulement dans les logements neufs après 2010-2015) en substitution aux chaudières existantes et aux convecteurs électriques, cogénération à gaz, mini- réseaux de chaleur valorisant la biomasse.

 

Pour le parc de construction antérieure à 2000, le coût moyen par logement se situerait entre 12 700 € HT et 24 200 € HT, hors rénovation des équipements énergétiques et de ventilation.

 

* Club d’Ingénierie Prospective Energie et Environnement (CLIP)

* Institut du développement durable et des relations internationales

 

Consulter l’étude

 

Source : www.iddri.org
Habitat Facteur 4 : étude d’une réduction des émissions de co2 liées au confort thermique dans l’habitat à l’horizon 2050
Les Cahiers du Clip n°20 – Novembre 2010

 

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Isabelle DAHAN

Rédactrice en chef de Monimmeuble.com. Isabelle DAHAN est consultante dans les domaines de l'Internet et du Marketing immobilier depuis 10 ans. Elle est membre fondatrice de la Fédération Française de l'Immobilier sur Internet (F.F.2.I.) www.ff2i.org et membre de l’AJIBAT www.ajibat.com, l’association des journalistes de l'habitat et de la ville. Elle a créé le site www.monimmeuble.com en avril 2000.

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